Une génération perdue, qu’en sera-t-il de la prochaine?

par Marie-José Brossard.Jurkovich

L’ACSE a milité avec confiance depuis de nombreuses années en faveur des questions liées à l’emploi des conjoints. Au premier rang parmi celles-ci se trouve l’absence de revenu ou dans le meilleur des cas la diminution du revenu et de la pension correspondante pour la durée de l’affectation; le deuxième point est lié au retard pris dans le déroulement de la carrière quand il y a carrière et le troisième à la difficulté d’obtenir un emploi tant à l’étranger qu’à Ottawa. Des progrès ont été accomplis au cours des vingt dernières années pour remédier à certains des problèmes identifiés mais ils n’ont pas été suffisants pour suivre l’évolution de la société canadienne et répondre aux attentes de plus en plus pressantes des conjoints.

Il y a 25 ans, nous n’avions rien et certains résultats obtenus par notre action ont été vite apparents. Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de constater que nos objectifs les plus importants n’ont toujours pas été atteints. Les démarches effectuées pour obtenir une pension ou une compensation financière sont restées infructueuses. Nos demandes tout-à-fait légitimes en faveur d’une exception à la Loi de l’assurance-emploi pour permettre à ceux et celles qui ont contribué au régime de bénéficier des prestations d’assurance-emploi au moment du départ en poste ou au retour de poste sont restées vaines jusqu’à maintenant.

De plus, certains des projets qui ont été développés ne se sont pas révélés avec le temps aussi efficaces qu’ils l’auraient pu. Le nombre des accords de réciprocité pour l’emploi des conjoints avec les états où le Canada est représenté continue à augmenter mais leur mise en application semble souvent relever d’une course à obstacles pour des conjoints qui sont pressés de travailler le plus rapidement possible après leur arrivée en poste avant que vienne le temps de préparer le départ et de tout recommencer ailleurs. Des postes de coordonnateurs communautaires ont été créés dans de nombreuses missions mais attirent de moins en moins de candidats faute de salaires adéquats. La création, il y a quelques années, d’une banque internationale de données pour l’emploi des conjoints nous a sans aucun doute réjouis. Cette banque est maintenant en cours de révision dans l’espoir de la rendre plus fonctionnelle mais nous attendons toujours qu’une campagne promotionnelle adéquate soit mise en place pour garantir des résultats optimum.

Au cours de l’automne, la présidente de l’ACSE, Judith Wiesinger, la conseillère de l’ACSE pour l’emploi des conjoints, Suzanne Beaulieu - Gingras et moi-même avons rencontré de hauts responsables du MAECI, de CIC et du Conseil du trésor pour faire le point sur l’ensemble de ces questions. À chaque fois, nous nous sommes heurtés aux règles inflexibles de l’appareil gouvernemental ou au manque de ressources financières. Cela ne nous a pas empêchées de présenter une liste - de plus en plus longue - de mesures qui pourraient être prises en tout ou en partie pour améliorer les conditions de vie des conjoints ou partenaires. Avant toute chose, nous sommes convaincus que les mentalités doivent changer pour refléter l’évolution de la société canadienne et que le statut du conjoint d’un agent du service extérieur doit être à l’image de celui qu’il a normalement dans la vie, à savoir celui de partenaire et non de personne à charge. Le Comité exécutif devra évaluer l’action menée par l’ACSE jusqu’à aujourd’hui et peut-être définir une nouvelle approche pour atteindre ses objectifs.
L’emploi des conjoints

Mesures recommandées par l’ACSE
au MAECI et a CIC

  1. Accorder une compensation financière significative pour absence ou diminution de revenu du conjoint au cours des affectations de l’employé à l’étranger. Cette compensation ne doit pas être considérée comme une rémunération pour services rendus.
  2. Prendre les mesures nécessaires pour que les primes de l’assurance-emploi ou, le cas échéant, une compensation financière équivalente soient versées aux conjoints qui ont contribué au régime d’assurance-emploi et se retrouvent sans emploi.
  3. Intervenir auprès des autorités compétentes pour que les conjoints qui sont employés de la fonction publique et qui accompagnent leur conjoint en poste à l’étranger soient exemptés de la limite de 5 ans de congé sans solde qui s’applique aux employés de la fonction publique du Canada.
  4. Poursuivre la mise en place d’accords de réciprocité avec les États avec lesquels ils n’existent pas. Renforcer leur mise en oeuvre là où ils existent. Fournir les services d’un intermédiaire local pour l’obtention des permis de travail.
  5. Donner instruction aux chefs de mission de fournir aux conjoints les moyens et l’appui nécessaires à l’obtention d’un emploi dans le pays d’affectation autant à l’intérieur de l’ambassade que sur le marché local. Leur demander de rendre compte des résultats de la politique du MAECI en la matière.
  6. Assurer la promotion de la banques de données pour l’emploi des conjoints à l’administration centrale, auprès des autres ministères ainsi qu’auprès des entreprises canadiennes à l’étranger, des autres ambassades et organisations internationales.
  7. Offrir dans toutes les missions les services d’une agence de recherche d’emploi (chasseurs de tête) à tout conjoint dès l’annonce de l’affectation. Payer les frais d’un voyage si nécessaire pour des entrevues avant l’arrivée en poste.
  8. Faciliter l’emploi des conjoints en tant qu’employés locaux - postes de soutien et professionnels - avec salaires ajustés aux normes salariales canadiennes quand les normes locales sont inférieures. Créer et/ou réserver de tels postes.
  9. Explorer les possibilités d’emploi à distance pour les conjoints à l’étranger et en faire la promotion auprès des ministères concernés à Ottawa.
  10. Établir des ententes et développer des mécanismes avec les autres ministères représentés à l’étranger pour faciliter l’emploi des conjoints comme employés locaux.
  11. Offrir des cours de langue seconde jusqu’au niveau avancé à tous les conjoints afin de faciliter la recherche d’emploi aussi bien à l’étranger qu’à Ottawa.
  12. Offrir systématiquement des cours intensifs jusqu’au niveau avancé de la langue nationale du pays d’affectation.
  13. Compenser les frais de scolarité plus élevés à l’étranger pour tout conjoint qui voudrait poursuivre des études postsecondaires afin de rattraper le retard pris dans le déroulement de sa carrière.
  14. Payer au moins une fois l’an l’équivalent des frais de voyage à Ottawa d’un conjoint en poste qui aurait choisi de suivre des cours par correspondance avec une université canadienne.
  15. Donner aux conjoints la possibilité de suivre une formation en matière consulaire, d’immigration, d’affaires politiques, économiques et commerciales de manière à pouvoir obtenir des positions d’employés locaux de haut niveau.
  16. Réévaluer les responsabilités et les exigences des fonctions du coordonnateur communautaire selon les conditions de chaque poste et établir des critères pour permettre une rémunération équitable. Rajuster les salaires en conséquence.
  17. Maintenir et renforcer au MAECI la position de conseiller en orientation de carrière en s’assurant que l’intervenant est familier avec tous les aspects que comportent la vie à l’étranger et les retours au Canada.
  18. Continuer à offrir aux conjoints des ateliers spécialisés sur des sujets touchant l’emploi et la carrière.

***Comité executif de L’ACSE ***.

L'Assemblée générale de l'Association aura lieu au mois d'avril, afin de permettre aux nouveaux membres du Comité de se réunir dès le mois de mai et de décider de leur programme d'activités qui doit commencer dès septembre. Un appel aux candidatures vous sera communiqué bientôt pour les postes de presidente, 1ere et 2e vice-presidente, tresoriere, secretaire et editeur en chef du bulletin.

Le Comité des nominations est composé de:
Marie-José Brossard-Jurkovich: (819) 772 - 4396, jurkovich.am@videotron.ca
Raja Bailey: (613) 748-3027, raja_bailey@hotmail.com
Edith Dandenault- Swain: (819) 772-2758, msd26@hotmail.com