Conférence : La vie des conjoints dans le service extérieur

Le 7 novembre 1998

  1. Résumé
  2. Conclusions
  3. La conférence sur la vie des conjoints
  4. Questions économiques pour les conjoints et les familles des employés du Service extérieur
  5. Impacts sociaux de la vie dans le Service extérieur
  6. Le rôle de l'Association de la communauté du Service extérieur
  7. Les familles des employés du Service extérieur en période de changement
  8. Les soins aux aînés éloignés
  9. La lutte en vue de l'équité éducative des enfants des employés du Service extérieur
  10. Possibilités d'emploi pour les conjoints des employés du Service extérieur
  11. Pour le meilleur et pour le pire
  12. Aide financière
  13. Promotion de la santé
  14. Formation en premiers soins
  15. Évacuations médicales
  16. Prévention des maladies
  17. Bureaucratie
  18. Maintien de la continuité médicale
  19. Recommandations découlant de la discussion concernant les questions d'ordre médical et liées à la santé
  20. Annexes
  21. Planification, processus et participants
  22. "Economic Issues of Foreign Service Spouses" by Linda Louis, Embassy of Switzerland
  23. Social Implications for Foreign Service Spouses by Maria-Teresa Lichem, Embassy of Austria
  24. The New Norwegian Spousal Pension Scheme
  25. The Special Compensation Scheme for Spouses of Finnish Foreign Service Officers
  26. A report written by the spouses of the Italian Embassy in Ottawa (Association of Foreign Service Employee Spouses)
  27. The Gaimusho Mutual Aid Association - A report written by the spouses of the Japanese Embassy in Ottawa

Conférence: La vie des conjoints dans le Service extérieur

Résumé

Le 7 novembre 1998, l'Association de la communauté du service extérieur (ACSE), avec l'appui du ministère des Affaires étrangères et du commerce international (MAECI), a tenu à Ottawa une conférence d'un jour pour discuter des questions et des politiques qui touchent les conjoints des employés du service extérieur partout dans le monde, ainsi que de l'exploitation des ministères des Affaires étrangères auxquels ils sont rattachés, et pour établir des comparaisons à cet égard. La participation de représentants de vingt-six missions diplomatiques, ainsi que de membres du service extérieur canadien, pour un total de cent participants, démontre bien l'importance de ces sujets. De plus, des représentants de la direction du MAECI et des autres ministères du service extérieur canadien étaient présents, tout comme un représentant du Conseil du Trésor et les syndicats dont les membres sont touchés par les règlements et les politiques dont l'examen était à l'ordre du jour.

Table de matières

Conclusions

Bien que certaines similarités entre les préoccupations, comme la continuité de l'enseignement pour les enfants et la préservation de la santé pendant les séjours à l'étranger, se retrouvent à tous les niveaux chez les conjoints des employés du service extérieur, le problème le plus important auquel chacun d'eux est confronté en cette fin de siècle est d'ordre financier. L'absence de continuité dans les possibilités d'emploi, pour un large éventail de compétences, ainsi que des régimes de pension individuels subséquents, constituent un facteur déterminant lorsque l'on sait que le fait de disposer de deux revenus n'est pas un luxe, mais bien une nécessité pour le soutien familial.

Différents agencements de prestations d'indemnisation et de retraite sont présentement mis en oeuvre ou examinés par les différents ministères des Affaires étrangères. L'absence de relations directes employeur-employé entre les ministères et les conjoints de leurs employés s'est révélée un obstacle apparemment insurmontable au cours des années. Cependant, certains pays ont pris la décision d'ignorer ce fait et de payer le conjoint par l'entremise de l'employé.

Les pays nordiques ont été les premiers à mettre en oeuvre des régimes de retraite pour les conjoints et les partenaires qui sont rattachés à leurs services extérieurs. L'association des conjoints de la Suisse a trouvé une solution astucieuse; faisant en sorte que le paiement de pension du ministère soit versée par l'entremise de l'employé, elle administre un régime privé pour les conjoints, de concert avec une compagnie d'assurance suisse extraterritoriale.

La Grande-Bretagne verse des indemnisations non imposables aux conjoints qui souhaitent travailler aux missions à l'étranger, mais qui ne sont pas en mesure de le faire, ou qui ne peuvent trouver un emploi dont les conditions financières soient comparables à celles qu'offrirait un poste à l'administration centrale. En 1998, les ministères du service extérieur des États-Unis ont mis en oeuvre un régime qui permet aux conjoints travaillant au sein de leurs missions à l'étranger de transférer les perspectives d'emploi d'une mission à l'autre, ainsi qu'aux bureaux ministériels de Washington, et de verser des cotisations, à titre d'employés, aux régimes de pension et de santé du gouvernement fédéral.

Le Canada dispose, au sujet de l'emploi des conjoints, d'une nouvelle base de données qui en est encore à ses débuts. Les Suédois commercialisent les compétences spéciales de leurs conjoints au moyen d'une base de données. Les Suisses ont conclu, avec des entreprises multinationales suisses et allemandes, un accord de coopération en vertu duquel les curriculum vitae des conjoints de ces entreprises et du ministère des Affaires étrangères sont affichés tout comme le sont les offres d'emplois qui s'adressent aux premiers comme aux seconds.

Aux yeux de bon nombre de conjoints, un emploi international à l'extérieur de sa propre mission diplomatique, particulièrement dans les domaines professionnels, est plus attrayant qu'un poste au sein d'un organisme gouvernemental. Ces conjoints cherchent à obtenir de l'aide pour trouver un emploi de ce genre, notamment en ce qui a trait à l'information sur la façon de poursuivre une carrière mobile et à la mise en place de bases de données internationales sur les possibilités d'emploi. La séance d'après-midi consacrée à cette question s'est révélée fort interactive, car les participants agissaient à titre de personnes-ressources les uns à l'égard des autres.

Les sujets touchant la préservation de la santé et l'impact sur la famille constituent depuis toujours des préoccupations constantes chez les conjoints mobiles internationaux. À la suite de pressions exercées par l'association des conjoints d'Autriche, des modifications ont été apportées aux exigences scolaires auxquelles étaient confrontés les enfants autrichiens au moment de leur retour à Vienne; on nous a fait un compte rendu verbal des méthodes utilisées pour parvenir à ce résultat. De même, des participants ont décrit les méthodes auxquelles ils ont recours pour aider leurs enfants à s'adapter à des changements fréquents à différentes étapes de leur vie et de leur croissance. En raison du vieillissement démographique rapide auquel nous faisons face, les pressions normales exercées sur les familles, en vue des soins à prodiguer à leurs membres plus âgés, sont exacerbées par les pressions additionnelles inhérentes à la distance physique découlant de la vie à l'étranger. On a dressé la liste des stades de changement prévus, ainsi que des services de soutien dispensés par le service extérieur canadien, et on a fait des suggestions concernant la préparation personnelle.

Aux fins de la préservation de la santé et des soins médicaux pendant un séjour à l'étranger, il importe d'accepter la responsabilité personnelle et familiale de la continuité. Les services qui sont modifiés au sein du service extérieur canadien viennent compliquer une situation déjà fort déroutante. On a insisté sur le fait que des attentes réalistes, fondées sur des renseignements précis et récents, agencées à des limites parfaitement comprises, sont nécessaires pour éviter les catastrophes de nature médicale.

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La conférence sur la vie des conjoints

La conférence était répartie en deux exposés du panel, présentés le matin, et en quatre séances de discussion ouverte en après-midi, le tout ponctué de pauses-café et d'un déjeuner-buffet. Les exposés du panel ont porté sur des sujets d'importance universelle, comme : « Questions économiques pour les conjoints des employés du service extérieur », où il fut notamment question des prestations d'indemnisation et de pension, et « Impacts sociaux de la vie dans le service extérieur », où l'on a traité des éléments qui sont très directement touchés par la mobilité internationale d'une famille, tels la continuité de l'enseignement des enfants, et les soins aux personnes âgées lorsque la distance sépare les membres d'une même famille pendant des périodes critiques.

Des collaborateurs du service extérieur canadien, ainsi que des conjoints affectés à des missions diplomatiques à Ottawa, et dont la vaste expérience a contribué de façon substantielle au succès de notre conférence, ont animé les panels et les discussions. Nous leur sommes reconnaissants de leur expérience, de leur respect et de leurs propos humoristiques. Grâce à eux, nous avons pu mettre en commun les expériences de différents pays.

Moins officielles, les discussions de l'après-midi ont fait suite aux questions soulevées lors des séances plénières de la matinée. Les titres de ces débats étaient les suivants : « Indemnité financière : Quelle est la valeur d'un conjoint? », « Que voulez-vous faire plus tard? », « L'impact sur la famille : concilier les responsabilités familiales avec les déplacements ». La quatrième discussion, intitulée « Pour le meilleur et pour le pire : l'impact de la permutation sur la santé », a été ajoutée en raison du fait que les gens ont l'impression que l'on évite fréquemment les questions d'ordre médical et relatif à la santé lorsqu'il s'agit d'examiner les répercussions à long et à court terme sur la vie internationale.

Au cours de la journée, la toute nouvelle base de données sur l'emploi des conjoints était en démonstration dans le hall donnant sur les salles de conférence, et un spécimen de tableau des documents imprimés était offert aux personnes intéressées.

Si la méthode qui permet de modifier les politiques touchant les conjoints était connue, elle était ajoutée au rapport. Par exemple, il semble que les ministères des Affaires étrangères qui contrôlent leurs propres budgets ont souvent réussi à apporter de tels changements. Souvent, le fait que les conjoints internationalement mobiles ne sont pas en mesure d'obtenir les mêmes prestations de pension que leurs compatriotes plus stables sur le plan géographique a fait en sorte que la question de l'équité est l'argument le plus important et le plus efficace en faveur d'un changement. Donc, si cette situation était désignée comme étant un argument fructueux, elle apparaissait dans le rapport.

Le présent rapport résume les renseignements qui sont ressortis des discussions pendant toute la durée de la conférence. D'autres renseignements non disponibles pendant la conférence elle-même sont inclus dans le rapport; dans chaque cas, ces renseignements sont désignés en conséquence. Une liste des pays représentés par les participants est jointe au présent rapport. Certains participants ont fourni des notes afin de contribuer à la traduction simultanée de leurs documents; avec leur permission, ces notes sont également jointes au présent rapport.

Après la conférence, les conjoints rattachés aux ambassades du Japon et de l'Italie à Ottawa ont présenté des documents décrivant en détail les politiques touchant leur conjoint ou leur conjointe et les membres de leur famille. Ces documents sont également joints au présent rapport.

On a discuté brièvement des méthodes d'indemnisation des familles des employés du service extérieur, comme les allocations de service extérieur; cependant, de façon générale, les allocations n'ont pas constitué le centre d'intérêt principal de cette conférence. On s'est plutôt attardé sur les indemnités financières, les pensions, l'emploi des CONJOINTS, les questions relatives à la famille et les préoccupations liées à la santé.


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Questions économiques pour les conjoints et les familles des employés du Service extérieur

Dans chaque pays où l'un et l'autre des partenaires tiennent pour acquis l'emploi rémunéré aux fins du soutien de leurs familles, l'absence de possibilités et d'offres d'emploi pour les conjoints qui ne sont pas employés par le ministère des Affaires étrangères constitue un problème de plus en plus important. En outre, l'absence de prestations de retraite pour le second partenaire devient tout aussi problématique. Ces restrictions touchent directement les ministères des Affaires étrangères, car elles amènent les familles à refuser des postes à l'étranger ou à choisir d'être affectées en tant que famille dispersée (c'est-à-dire : l'employé est en poste à l'étranger alors que le conjoint ou le partenaire demeure dans le pays d'attache), ou elles forcent l'employé à quitter le service extérieur pour des raisons économiques, car il est impossible de subvenir aux besoins de la famille avec un seul salaire.

Les associations de soutien des CONJOINTS et des familles associées à différents services extérieurs ont porté ces problèmes à l'attention de leurs ministères. Au cours des dernières décennies, de nombreux ministères étrangers ont été témoins des effets culturels et financiers des changements survenus par rapport aux attentes des conjoints. Selon beaucoup de ministères des Affaires étrangères, l'un des obstacles les plus importants à la mise en place d'un régime d'indemnisation ou de prestation à l'intention des conjoints est le fait que le conjoint de l'employé n'est pas employé par le ministère des Affaires étrangères, à moins qu'il ne soit lui-même directement employé. Dans ce cas, cet emploi lui confère le droit à un salaire et à la pension subséquente. Compte tenu du fait que bon nombre de conjoints d'employés du service extérieur sont censés remplir, à l'étranger, un rôle difficile qui n'a rien à voir avec leurs compétences professionnelles, et ce, sans être rémunérés, cet argument a souvent été jugé fallacieux et décourageant. Bien qu'aucun gouvernement ne puisse se permettre d'ignorer les incidences à cet égard, les mesures prises face aux politiques touchant les conjoints varient selon les cas.

AUSTRALIE - Représentante : Marie Wood, du haut-commissariat d'Australie à Ottawa

L'association australienne des CONJOINTS s'en va à la dérive, bien que l'association des agents se porte mieux que jamais. Aucun régime de pension n'est en place ou prévu pour les conjoints, bien que selon une récente étude sur les conjoints des employés du service extérieur australien, cette lacune constitue un problème important en vue de l'exploitation du service extérieur australien. Les conjoints peuvent être rémunérés pour des tâches en rapport avec des activités sociales et récréatives.

AUTRICHE : Dans le cadre de son exposé résumant les discussions du panel 2, Maria-Teresa Lichem, de l'ambassade d'Autriche, a parlé des changements de politiques apportés par l'association autrichienne des CONJOINTS.

En octobre 1997, le ministère des Affaires étrangères de l'Autriche et le ministère des Finances ont conclu une entente de principe selon laquelle le ministère des Affaires étrangères devait faciliter la cotisation gouvernementale à un régime de pension destiné aux CONJOINTS des employés du service extérieur. En novembre 1998, ces contributions ne se sont pas encore concrétisées. Quinze années de cotisations à un régime de retraite sont nécessaires aux fins du paiement d'une pension.

FINLANDE : Documents présentés par Stina Lundberg, de l'ambassade de Finlande à Ottawa, et en provenance de l'association finlandaise des conjoints de Helsinki. Voir les pièces jointes.

Une loi spéciale sur l'indemnisation et les pensions pour les conjoints des employés du service extérieur a été adoptée en 1989, puis révisée en 1991. Si le conjoint est un employé rémunéré à la mission d'affectation, cette loi ne s'applique pas. Les autres régimes de pension ne sont pas touchés. La pension est imposable au taux de 22,5 p. 100 sur paiement. La rente est indexée.

EXEMPLE : Le conjoint a accompagné l'employé à l'étranger pour un total de 15 ans = 180 mois x 121,57 MF = 21 882,6 = 1 823,55 par mois

ALLEMAGNE : Contribution, à l'assemblée, d'Azra Lemp, de l'ambassade d'Allemagne.

Cinq pour cent de l'allocation de service extérieur non imposable est payable au conjoint par l'entremise de l'employé, en guise de régime de retraite privé individuel.

NORVÈGE : Données recueillies par Suzanne et Gilles Beaulieu-Gingras à l'ambassade du Canada à Oslo; exposé présenté par Nancy Fraser.

À la fin de 1998, le Parlement de Norvège a adopté une loi sur la pension des conjoints des employés du service extérieur. La pension complète se fonde sur 30 ans de services à l'étranger, et est réduite par la différence entre cette période et le temps réel passé à l'étranger. Elle ne peut entrer en vigueur que lorsque l'employé a passé dix ans à l'étranger. Le gouvernement norvégien paie toutes les cotisations. La pension est versée à partir de soixante-sept ans, c'est-à-dire à l'âge de la retraite en Norvège.

Les possibilités d'emploi restreintes à l'étranger, pour tous les conjoints, ainsi que la difficulté qu'ont les conjoints de sexe masculin à quitter leur emploi dans le pays d'attache, rendant ainsi les diplomates de sexe féminin plus hésitantes à accepter des affectations, sont définies comme les raisons pour lesquelles il importe de mettre en oeuvre un régime de pension à ce moment-ci.

SUÈDE : Contribution, après la conférence, de l'ambassade du Canada de Stockholm, et de l'association suédoise des CONJOINTS.

Les conjoints et les partenaires des employés du service extérieur suédois reçoivent une somme mensuelle équivalant à 300 $CAN, en guise de cotisation à leur régime de pension pendant l'affectation. Les hétérosexuels et les partenaires de même sexe sont inclus.

SUISSE : Pays représenté par Linda Louis, de l'ambassade de Suisse à Ottawa.

En guise de cotisation à un régime de pension privé pour les CONJOINTS, le ministère des Affaires étrangères de la Suisse verse à l'employé une somme équivalant à 6 400 $CAN par année, non imposable, s'il est accompagné de son conjoint pendant l'affectation. L'association suisse des conjoints a mis en place, de concert avec une compagnie suisse d'assurance privée établie aux Bahamas, un régime de retraite collectif à l'intention des conjoints. L'association des CONJOINTS a passé un contrat de société avec la compagnie d'assurance.

Le conjoint détermine lui-même du montant de sa cotisation annuelle au régime de pension. Cette pension peut être payée n'importe où au monde à l'âge de la retraite. Un tiers des conjoints des employés du service extérieur suisse sont cotisants au régime de pension, et ce chiffre va en augmentant.

Ces dispositions ont été prises par l'association des CONJOINTS lorsqu'il est devenu évident qu'après un divorce, si l'employé se remarie et demeure marié à sa conjointe pendant plus de dix ans, toutes ses prestations de retraite, dont les prestations de survivant, reviennent à la seconde épouse. La durée du premier mariage est sans importance.

ROYAUME-UNI : Représenté par Helen Kelly, du haut-commissariat de Grande-Bretagne à Ottawa.

Par suite du rapport de 1998 sur les conjoints des employés du service extérieur britannique, intitulé « Role, Recognition and Recompense » (Rôle, reconnaissance et récompense), le Royaume-Uni mettra en place, en 1999, un régime d'indemnisation non imposable à l'intention des conjoints qui accompagnent des employés et qui se sont engagés dans une vie de permutant rattachée au service extérieur britannique. Cet engagement est jugé manifeste lorsque le conjoint a passé trois années en poste sans être rémunéré. À partir de ce moment, une somme de cent vingt-cinq livres (environ 325 $CAN) par mois passé à l'étranger est versée au conjoint par l'entremise de l'employé. Le conjoint doit s'être inscrit comme étant disposé à travailler à la mission, mais incapable de trouver un emploi dont le salaire est supérieur à cinq cents livres par mois. Si le conjoint est employé alors qu'il réside à la mission, et qu'il gagne plus de cinq cents livres par mois civil, le montant de l'indemnisation diminue de moitié.

Le gouvernement britannique a pris cette décision en raison du fait que les conjoints qui accompagnent les employés de façon régulière sont traités de façon peu équitable comparativement à la situation financière des personnes qui demeurent dans leur pays d'attache. L'indemnisation se veut une marque de reconnaissance de l'engagement des conjoints dans une vie internationale à l'appui du gouvernement britannique.

Les conjoints peuvent être rémunérés pour la préparation de repas de représentation, à un taux qui varie d'une mission à l'autre; à Ottawa, le taux horaire est de 18 $CAN.

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE : Aucun représentant de l'ambassade des États-Unis n'a participé à la conférence. Cependant, des renseignements sur l'emploi, la pension et les prestations d'assurance ont été publiés dans le numéro de mai 1998 du Bulletin. Voir l'annexe.

En mai 1998, le Département d'État et le service d'information des États-Unis ont mis en place un système permettant d'embaucher les conjoints des employés des missions à l'étranger dans le cadre d'un régime non axé sur la carrière et aux fins duquel le conjoint peut conserver l'emploi pendant une période de cinq ans. Grâce à ce processus de nomination des membres de la famille, le conjoint est admissible à l'emploi d'une mission à l'autre, ou à l'administration centrale de Washington. De plus, l'employé visé par une telle nomination est admissible au régime de retraite fédéral, ainsi qu'aux programmes fédéraux d'assurance-vie et d'assurance-maladie.

Le système de nomination des membres de la famille a été approuvé en vertu du principe de la parité salariale pour fonctions équivalentes, et ce, après des années de revendications au nom des personnes à charge des employés du service extérieur des États-Unis. Le Département d'État est responsable de son propre budget.

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Impacts sociaux de la vie dans le Service extérieur

Ce panel portait sur certaines des autres questions qui ont, sur les familles des employés du service extérieur, des effets substantiels résultant de la mobilité internationale elle-même, c'est-à-dire:

  • le rôle joué par l'Association de la communauté du service extérieur depuis 1977 la poursuite d'une seconde carrière et les choix que cela peut nécessiter
  • les méthodes de détermination des obstacles psychologiques et émotionnels auxquels font face les familles
  • les services aux aînés à distance et leurs incidences au sein de la famille élargie
  • la continuité de l'enseignement pour les enfants

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Le rôle de l'Association de la communauté du Service extérieur

Le rôle et les réalisations de l'Association de la communauté du service extérieur au cours des vingt-deux dernières années au sein du service extérieur canadien, ont été examinés à la lumière des changements qui ont marqué les attentes des membres de cette génération. Louise Aubin, coordonnatrice du bureau, a souligné que l'ACSE ouvre ses portes aux employés et aux familles du ministère des Affaires étrangères et du commerce international, de Citoyenneté et Immigration, ainsi qu'à l'ACDI et aux militaires possédant une expérience internationale ponctuelle plutôt qu'acquise dans le cadre d'une carrière de permutant.

Depuis sa création, l'ACSE fait pression pour que des changements soient apportés aux règlements et aux politiques qui touchent la vie des familles des employés du service extérieur canadien. Il en est résulté la tenue de séances d'information avant les affectations et au retour de celles-ci, à l'intention des employés, des conjoints et des enfants, la création de postes de coordonnateur communautaire aux missions, des propositions de prestations de retraite, jusqu'ici infructueuses, ainsi que des suggestions en rapport avec des questions telles que la santé et l'emploi des CONJOINTS, y compris pour ce qui est des accords réciproques sur l'emploi conclus avec quarante-six pays. L'ACSE elle-même dispose maintenant d'une base de données sur l'emploi des CONJOINTS, elle a favorisé l'établissement d'une politique d'emploi des CONJOINTS aux missions, et la mise en oeuvre d'une modification à la Loi sur la citoyenneté qui permet aux conjoints des employés du service extérieur de compter le temps qu'ils passent aux missions pour satisfaire aux exigences en matière de résidence, et ce, avant de présenter une demande de citoyenneté canadienne.

Au cours des deux dernières années, l'ACSE a créé un programme de bourses à l'intention des jeunes du service extérieur qui fréquentent des établissements scolaires postsecondaires, une foire de l'entreprise pour les personnes à la recherche de débouchés d'entreprise maintenant ou pour plus tard, et une vente bric-à-brac qui permet à nos membres de se simplifier la vie tout en contribuant au bien-être de la collectivité. Certaines de nos activités s'adressent exclusivement aux membres de l'ACSE, alors que d'autres, telles la foire de l'entreprise et l'exposition d'art annuelle, sont offertes à tous les employés du MAECI et des autres ministères gouvernementaux, ainsi qu'à ceux des missions diplomatiques d'Ottawa (p. ex., la présente conférence et l'exposition d'art).

Même en tenant compte des pressions que l'ACSE exerce continuellement sur le MAECI, notre attitude est axée sur le partenariat avec le service extérieur canadien, et le souci d'atteindre les objectifs de ce dernier. Nous croyons que cette philosophie se reflète dans l'appui financier ou autre fourni par le MAECI, ainsi que dans les consultations de ce dernier avec l'ACSE, concernant les questions touchant les familles des employés du service extérieur.

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Les familles des employés du Service extérieur en période de changement

Betty-Ann Smith, spécialiste de la thérapie familiale et conjugale, a présidé le panel et le groupe de discussions sur les préoccupations des familles des employés du service extérieur. Elle a acquis, au cours de sa carrière, une expérience précieuse au sein du service extérieur canadien. Cependant, chaque fois qu'elle quitte le pays pour une affection, qu'elle réussisse ou non à se trouver un emploi à l'étranger, elle doit repartir à zéro à son retour. Cette fois-ci, son mari a accepté une affectation à l'étranger, et elle est restée à Ottawa. Elle définit cette situation comme une nouvelle phase de sa vie en tant que membre de la famille d'un employé du service extérieur.

Le Programme d'aide aux employés figure parmi les services offerts aux membres du service extérieur canadien. Il s'agit d'un service d'orientation offert aux employés et aux membres de leur famille qui se trouvent à l'administration centrale ou en poste à l'étranger. Ce programme est moins fréquemment utilisé qu'il ne le pourrait l'être. Aucun dossier n'est tenu, et l'on ne rend compte d'aucune consultation au Ministère, aux collègues ou aux autres membres de la famille. On nous a dit que le service extérieur allemand offre un programme similaire à ses membres.

Pendant son exposé, Betty-Ann a souligné que l'on a fait des recherches, en Suède, pour définir le caractère des personnes les mieux armées pour composer avec la vie à l'étranger. Les éléments les plus significatifs ressortis de cette étude sont les suivants:

Le fait d'avoir déjà fait l'expérience d'un déménagement international n'est pas une garantie de succès. Nous sommes des personnes différentes chaque fois que nous déménageons.

L'élément le plus important, aux fins de la définition du succès international, réside dans la capacité d'adaptation de la famille. Pour aider l'employé à se distinguer, la famille consacre des efforts considérables à la réussite du processus d'adaptation. L'ennui, dans une telle situation, c'est que l'on peut être porté à nier certains problèmes, et que ceux-ci s'accumulent et refont surface plus tard.

Ces renseignements ont eu ceci de positif qu'un nombre de plus en plus grand d'entreprises internationales engagent, dans le cadre de leur processus de sélection et de recrutement, un professionnel chargé de s'entretenir avec des familles complètes et d'évaluer les facteurs de risque inhérents à la réinstallation de ces familles.L'avantage que présente cette façon de faire pour l'entreprise est évident : il est ainsi possible de recueillir des renseignements additionnels sur le succès probable du candidat, avant que des ressources ne soient affectées à un transfert international. Cela est également avantageux pour la famille, car cette dernière a l'occasion de s'entretenir avec un professionnel, afin de déterminer les coûts et les avantages que présente pour elle l'acceptation d'une affectation internationale à ce moment particulier.

Bien que le MAECI n'ait pas recours à cette méthode, on offre des stages pré-départ additionnels visant à aider les familles et à les préparer en vue des problèmes psychologiques et émotionnels qui risquent de se poser à elles par suite d'un déménagement international et de l'adaptation à une autre culture.

Une conférence d'un jour avait eu lieu à Vienne quelques semaines plus tôt, et certaines de ses conclusions ont été signalées:

  • Les interactions entre les secteurs public et privé sont nécessaires pour regrouper les solutions et le soutien.
  • Il est essentiel de reconnaître le stress auquel est exposé toute la famille.
  • On a besoin d'un soutien supplémentaire pour répondre aux besoins des conjoints et des enfants.
  • Il serait grandement temps que l'on fasse la promotion du soutien aux enfants qui ont des besoins spéciaux.
  • La durée idéale d'une affectation internationale, du point de vue de l'employé et de la famille, est de trois à cinq ans; cela pourrait correspondre ou non au niveau de difficulté de l'affectation.
  • Les enfants internationalement mobiles peuvent être en mesure de se forger une identité plurinationale; cette théorie va à l'encontre de l'opinion courante selon laquelle de tels enfants sont sans racines et sans lieu d'appartenance.

Au cours de la discussion, des questions ont été soulevées concernant les méthodes utilisées pour soutenir les adolescents pendant le processus de réinstallation internationale. À des fins d'entraide, certaines mères expérimentées ont énuméré les méthodes qui se sont avérées fructueuses, c'est-à-dire:

  • établir des liens avant le déménagement, trouver un pair pour votre enfant, afin de lui faciliter le passage à un milieu nouveau et inconnu;
  • accepter le fait que nos attentes à l'égard de nos enfants ne sont peut-être pas réalistes, peu importe le stade de croissance où ils sont, et être attentif aux problèmes susceptibles de se poser;
  • avoir recours aux nouvelles technologies, telles que le courrier électronique, afin de permettre à tous les membres de la famille de communiquer avec les personnes que l'on a laissées derrière soi, et d'entretenir des liens d'amitié;
  • prévoir des soupapes de sécurité:

Ainsi, un père et une mère ont pris des dispositions pour que leur fille puisse revenir à Ottawa afin d'y poursuivre ses études dans un pensionnat, si elle avait trop de difficulté à s'adapter à son nouveau milieu. Un autre couple a offert un billet d'avion à sa fille de seize ans, de sorte qu'elle puisse se rendre au lieu d'affectation précédent pour y visiter ses amis, six mois après leur déménagement très difficile sur le plan émotif. Dans le premier cas, la jeune fille s'est bien adaptée et n'a pas eu à quitter le lieu d'affectation. Dans le deuxième cas, le voyage a permis à l'adolescente de se rassurer quant à la solidité de ses liens d'amitié, et a favorisé son adaptation au nouveau milieu.

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Les soins aux aînés éloignés

Donna Haynal est la conjointe d'un employé du service extérieur canadien. Sa carrière d'enseignante a donc été interrompue par les fréquents déménagements internationaux de sa famille. Consciente de cette situation, Donna a consacré la dernière année de son affectation à New York à l'étude de la gériatrie. Avec un associé, elle a fondé à Ottawa une entreprise au sein de laquelle elle oeuvre en tant que conseillère dans ce domaine.

Donna a parlé des différentes étapes et définitions du vieillissement, et de leurs effets possibles sur la personne vieillissante et sur les autres membres de la famille. On doit alors composer avec toutes les pressions habituelles, telles que les contraintes de temps et les exigences des enfants à l'égard du membre de la génération intermédiaire dont le parent est vieillissant. Il faut ajouter à cela le fait de vivre loin de la personne qui fait face aux vicissitudes du vieillissement. Toutes vos habiletés diplomatiques seront mises à contribution lorsqu'il s'agira de traiter avec le frère ou la soeur qui se trouve auprès de votre parent vieillissant et qui est régulièrement aux prises avec toutes les difficultés que pose une telle situation. Le fait de prendre l'avion une ou deux fois par année et de débarquer chez ledit parent pour y être accueilli en enfant prodigue et y aller de ses conseils les plus « créatifs » ne rendra pas l'employé du service extérieur particulièrement sympathique aux yeux des autres membres de la famille.

Bien qu'il s'agisse là d'une perspective peu réjouissante, que l'on évite fréquemment pour cette même raison, il est important de prévoir les changements possibles des besoins des membres plus âgés de la famille, notamment au moment de la préparation d'une affectation à l'étranger.

Les options qui s'offrent aux membres du service extérieur canadien ont été énumérées. Tous les employés de la région d'Ottawa ou en affectation ont droit à un service d'orientation à court terme dans le cadre du Programme d'aide aux employés (PAE), ainsi qu'à des services d'information et de présentation. Les employés en affectation à l'étranger ont droit à un billet de retour pour chaque parent en cas de maladie ou de décès. Si le parent âgé est déclaré comme étant une personne à charge et est amené au lieu d'affectation, toutes les allocations prévues en vertu des Directives sur le service extérieur (DES), comme celles concernant les déplacements, l'assurance médicale et le partage des frais de location, sont rajustées en conséquence. Cependant, si l'état de la personne âgée est critique, il est presque certain qu'un déménagement international aggravera la situation plutôt que de l'améliorer.

Assumez vous-même les responsabilités inhérentes aux décisions à prendre, à la recherche d'un testament ou d'un testament biologique, à la délégation de pouvoirs pour les questions financières et relatives aux soins, et aux problèmes pratiques tels que ceux liés à l'installation de barres d'appui et au retrait des carpettes.

On a suggéré, à la lumière du vieillissement de notre population et des effets que cela risque d'avoir sur la mobilité des employés et des familles, que des pressions soient exercées pour:

  • augmenter le montant des allocations prévues pour les appels interurbains
  • supprimer la nécessité de choisir entre un déplacement pour visiter un parent âgé malade, et un déplacement pour assister à ses funérailles
  • que soient présentées des séances d'information obligatoires avant l'affectation concernant la planification des situations familiales d'urgence
  • rendre plus souple le système des congés pour les soins aux aînés

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La lutte en vue de l'équité éducative des enfants des employés du Service extérieur

L'expérience de l'Autriche concerne directement la continuité et l'équité éducatives des enfants des employés du service extérieur. Maria-Teresa Lichem, présidente du comité de la famille et de l'école de la nouvelle association autrichienne des conjoints, a fait part de son opinion sur les problèmes auxquels font face les enfants des employés du service extérieur au moment de leur retour à Vienne, ainsi que des tactiques utilisées par l'association pour les régler.

À la suite d'un sondage mené auprès de ses membres, l'association autrichienne des conjoints a découvert que soixante-quinze pour cent des enfants de retour dans le système d'éducation autrichien avaient perdu une année scolaire. Quatre-vingt-un pour cent d'entre eux avaient dû subir de treize à vingt-trois examens d'équivalence avant le jour de Noël de l'année de leur retour. Chacun de ces examens portait sur toute la matière couverte sur un sujet donné au cours de l'année ou des deux années précédentes, et l'enfant devait se préparer aux examens pendant qu'il poursuivait ses études normales.

L'association a donc réalisé qu'il serait nécessaire d'apporter des modifications aux lois touchant tous les élèves de retour de l'étranger, ainsi que les enfants de diplomates, qui sont considérés comme un groupe privilégié. Pour cette raison, elle s'est adressée aussi bien au ministère de la justice qu'à celui de l'éducation. Afin que les modifications voulues soient apportées, il fut nécessaire, dans tous les cas, de rencontrer les ministres concernés plutôt que des fonctionnaires d'un échelon moins élevé, et d'exercer aussi des pressions sur les membres du parlement.Après quatre années de lutte, l'article en cause de la loi a été modifié de façon à se lire comme suit : « les examens d'équivalence peuvent être suspendus... ».

L'association des conjoints a dû alors faire pression auprès de chaque école, afin de convaincre l'administration que le mot « peuvent » devrait être interprété à la faveur des enfants internationaux et que le nombre de tests d'équivalence devrait être réduit dans chaque cas.

Les mères des enfants des employés du service extérieur autrichien se sont ensuite attaquées à un autre problème d'ordre éducatif, c'est-à-dire à l'acceptation du baccalauréat international pour l'admission dans les universités autrichiennes, et aux fait de permettre aux enfants expatriés autrichiens de s'inscrire aux universités en tant qu'étudiants étrangers, plutôt que d'avoir à satisfaire aux mêmes prérequis que les étudiants autrichiens qui ont terminé leurs études secondaires dans leur pays. Cette fois-ci, c'est le ministère des sciences qui s'est chargé de rectifier la situation, et les pressions logiques de l'association des CONJOINTS ont prévalu.

En tant que représentants des besoins scolaires de leurs enfants, les conjoints ont depuis entrepris d'établir des cours par correspondance sur les matières les plus importantes; des cours d'été consacrés à l'étude intensive de ces mêmes matières sont maintenant dispensés dans une école logée dans un château et ouverte à d'autres enfants.

L'association autrichienne des conjoints a tiré de sa propre expérience des leçons importantes susceptibles de s'appliquer à d'autres pays:

  • Faire cause commune; se serrer les coudes pour favoriser des changements dont bénéficiera un groupe de personnes.
  • Recueillir des renseignements détaillés de façon ponctuelle, pour plaider en faveur du changement.
  • S'adresser aux personnes occupant les postes les plus élevés aux fins des changements à apporter.
  • Si un groupe se décharge de ses responsabilités sur un autre groupe, exercer aussi des pressions sur cet autre groupe.
  • La persévérance est récompensée.

Possibilités d'emploi pour les conjoints des employés du Service extérieur

Base de données sur l'emploi des conjoints :

Pendant la journée de la conférence, la nouvelle base de données sur l'emploi des conjoints des employés du service extérieur canadien était en démonstration. Bien qu'elle n'en soit qu'à ses débuts et que son application se limite au MAECI, la base de données a été conçue de façon à afficher également les possibilités d'emploi des autres ministères. L'ACSE a reçu un appel de la part d'une entreprise en recherche de cadres oeuvrant au Canada et à l'étranger, et qui souhaite avoir accès à ce bassin d'employés éventuels fort compétents. Si cela se concrétise, il sera nécessaire de donner accès à la base de données à tout bureau de placement intéressé du secteur privé. De plus, un participant de l'ambassade du Japon a demandé si l'on avait envisagé la possibilité de permettre aux conjoints des employés des missions diplomatiques en poste à Ottawa d'afficher leur curriculum vitae dans la base de données.

Le service extérieur australien a conçu une banque d'emplois dont les conjoints des employés de ce service hésitent à se servir pour des raisons de confidentialité. Le ministère des Affaires étrangères de la Suisse a conclu, avec des entreprises multinationales suisses et allemandes, un accord de coopération qui lui permet de diffuser les possibilités d'emploi et les curriculum vitae de façon à favoriser l'emploi des conjoints internationaux. L'association suédoise des conjoints commercialise sa base de données sur l'emploi auprès des entreprises qui souhaitent faire des affaires en Suède, et auprès des entreprises suédoises. Cette base de données met en évidence les compétences linguistiques et professionnelles très spéciales des conjoints des employés du service extérieur suédois.

Au cours de cette conférence, les discussions concernant l'emploi, la formation et le recyclage des conjoints des employés du service extérieur se sont déroulées sans entrave, et bon nombre des commentaires exprimés ont été accueillis par les applaudissements et les éclats de rire de personnes ayant vécu les mêmes expériences.

Les participants à la séance de discussion de l'après-midi ont été invités à définir les renseignements qu'ils souhaitaient obtenir, et à partager ce qu'ils avaient appris de plus important par suite de leur expérience de travail internationale. Les commentaires ci-après reflètent les thèmes les plus courants à cet égard :

Ne jamais désespérer; des possibilités fort intéressantes peuvent se présenter dans des situations apparemment sans issue; il est presque toujours possible de trouver un emploi, dans votre domaine ou dans un autre; admettez toutes les possibilités.

L'apprentissage continu est essentiel; tenez-vous au courant des dernières tendances.

À la lumière du marché mondial, une expérience internationale peut s'avérer vraiment avantageuse. Les employeurs recherchent maintenant des personnes compétentes au niveau international, et j'ai moi-même tiré parti de mon expérience lors de plusieurs affectations à l'étranger. Les conjoints des employés du service extérieur possèdent déjà davantage de compétences que la plupart des travailleurs traditionnels, c'est-à-dire:

  • la capacité de s'adapter,
  • la capacité d'établir des relations et des réseaux,
  • la capacité de communiquer.

On ne se définit pas seulement en fonction de son emploi ou de sa carrière. On a souvent tendance à l'oublier dans notre société axée sur la carrière.

Pour la plupart des conjoints d'employés du service extérieur, il est souvent difficile de mener une carrière, mais chaque emploi, rémunéré ou bénévole, m'a permis d'acquérir une expérience utile en vue des possibilités d'emploi susceptibles de se présenter.

  • Quel que soit l'endroit où vous vous trouvez, n'hésitez pas à participer!
  • Ne comptez que sur vous-même, car le rôle du conjoint est fréquemment sous-estimé, et souvent insuffisant.

Les participants ont défini quelques-unes des difficultés auxquelles font face les conjoints des employés du service extérieur :

Le Canada a conclu des accords réciproques sur l'emploi (ARE) avec quarante-six pays qui, en théorie, permettent que les personnes à charge du personnel diplomatique soient employées sur un pied d'égalité avec les citoyens locaux, et que les personnes à charge des employés des missions diplomatiques de ces mêmes pays soient employées au Canada. Malheureusement, les ARE se révèlent souvent peu efficaces. À cet égard, les pays de l'Union européenne ont été cités en exemple : on donne la priorité aux citoyens des pays de l'UE avant de prendre en considération ceux de tout autre pays.

L'incapacité de maîtriser les langues locales a une incidence sur l'employabilité des personnes à charge. Les contrats à court terme et les postes du personnel recruté sur place se fondent sur les niveaux de rémunération locaux; à Genève ou à Londres, cette façon de faire donne de bons résultats; dans bon nombre de pays socialistes ou du tiers monde, cela a des effets tout à fait néfastes.

Le conjoint doit souvent être muni d'un passeport régulier (plutôt que d'un passeport diplomatique) pour obtenir un emploi rémunéré. Le pays d'origine a le pouvoir discrétionnaire de refuser, pour des raisons de sécurité, de délivrer un tel passeport.

Une recrue du service extérieur canadien a fait remarquer que le système actuellement en place semble s'inspirer davantage des années cinquante et soixante que de la présente décennie, car il met l'accent sur l'entretien domestique et sur des perspectives d'emploi restreintes, plutôt que sur les carrières. Selon cette personne, on néglige les besoins en matière d'emploi des conjoints professionnels, dont la rémunération est souvent supérieure à celle de l'employé du service extérieur.

Un certain nombre de conjoints ont insisté sur le fait qu'ils ne souhaitaient pas être employés par le gouvernement fédéral, ni à Ottawa, ni dans une mission diplomatique. Selon eux, il importe de mettre davantage l'accent sur les carrières mobiles et sur les compétences en gestion d'entreprise. Certains participants ont fait part des succès obtenus lorsqu'ils ont fondé des entreprises et offert leurs compétences pendant une affectation; certains ont même souligné qu'ils avaient connu plus de succès dans ces domaines à l'étranger que dans leur pays. On a insisté à maintes reprises sur la nécessité de s'inspirer de ses prédécesseurs lorsqu'il s'agit d'acquérir sa propre expérience, ainsi que sur l'importance de l'apprentissage permanent. Ainsi, des enseignants sont devenus agents de formation, une infirmière est devenue conseillère, des rédacteurs sont devenus réviseurs, un bibliothécaire s'est transformé en éditeur, et un autre a accédé au poste de conseiller en gestion.

Certains participants ont fait des commentaires et des comptes rendus personnels très sentis concernant la valeur du bénévolat, aussi bien à des fins de satisfaction personnelle que d'expérience, ainsi que pour la voie qu'il ouvre à l'emploi rémunéré

Un certain nombre de participants ont mis en doute le financement de la formation axée sur les compétences et du recyclage en cette période de changements technologiques incessants.

Une représentante du Conseil du Trésor, présente à titre d'observatrice, a donné des explications à ce sujet. La politique concernant toutes les directives du service extérieur se fonde sur la condition d'emploi inhérente au maintien de l'équité avec les conjoints canadiens qui ne sont pas permutants internationaux. Ainsi, la représentante du Conseil du Trésor a cité en exemple les conjoints des employés du ministère de la Défense nationale et de la GRC, qui sont également appelés à déménager fréquemment, souvent à des endroits où les possibilités d'emploi ou d'étude sont beaucoup plus rares que dans la plupart des missions internationales. Pour qu'un programme de financement soit pris en considération, il faut que les conditions des conjoints en poste à l'étranger soutiennent la comparaison avec celles dans lesquelles ces groupes doivent évoluer.

Le financement de l'enseignement des deux langues officielles au Canada, à l'intention des conjoints des employés du service extérieur canadien, a été suspendu. Compte tenu du fait que les cours de formation similaires que la Commission scolaire d'Ottawa-Carleton offrait aux diplomates et à leurs conjoints n'existent plus, un participant de l'ambassade du Japon a suggéré que les deux programmes soient fusionnés, et que les participants des ambassades paient leur part selon le principe de recouvrement des coûts.

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Pour le meilleur et pour le pire

L'impact de la permutation sur la santé
Animatrice : Jennifer Davidson
Collaboratrices : Maria Dobie (in absentia), Diane Breton
Julie Dubé, Joan Sarafian
Rapporteuse : Karen Lochhead

« On n'entre pas dans le service extérieur pour sa santé. »

Interpellés par cette déclaration, les personnes participant au débat sur la santé ont convenu dès le départ que le fait de déménager d'un pays à l'autre n'est pas bénéfique pour la santé.

Aide financière

Cette question a été débattue d'un point de vue canadien.

Les Canadiens, au pays ou à l'étranger, reçoivent une aide financière relativement correcte au chapitre des services de santé.

L'employé en poste à l'étranger paie pour les services médicaux, et est remboursé par la compagnie d'assurance après avoir présenté une demande à cette fin. Les contraintes paperassières que ce processus comporte peuvent s'avérer écrasantes aussi bien pour l'employé que pour le service administratif de l'ambassade.

Un participant a raconté qu'avant de partir en affectation dans un pays où les installations médicales étaient insuffisantes, en compagnie d'un enfant souffrant d'une allergie grave et constituant un danger de mort, son épouse et lui avaient dû acheter des appareils médicaux spéciaux et suivre un cours de formation quant à la façon de les utiliser pour prodiguer des soins d'urgence à leur enfant. Lorsqu'il a présenté une demande de remboursement des coûts (n'oublions pas que ces dépenses n'auraient pas été nécessaires au Canada), on lui a dit que le coût du matériel ne pouvait lui être remboursé, car il ne l'avait pas utilisé; ainsi, si son enfant avait eu besoin du matériel par suite d'une réaction allergique grave, il aurait été pleinement remboursé.

Promotion de la santé

L'animatrice a fait remarquer que les familles diplomatiques considèrent probablement que leurs gouvernements respectifs les appuient dans les domaines de la prévention et de l'intervention. Cependant, à peu près rien n'est prévu pour la promotion de la santé.

Dans un milieu étranger, il peut s'avérer très difficile de maintenir un régime alimentaire sain avec des aliments inconnus, ou de faire une promenade de santé dans des endroits surpeuplés et où le taux de criminalité est élevé. Il est facile de succomber à l'abus d'alcool dans un milieu où l'on vous offre constamment des boissons alcoolisées, et les autorités officielles ne semblent pas être conscientes de ce problème.

Une participante a souligné qu'elle avait ressenti le besoin de « rencontrer une personne qui nous aurait renseignés avant notre départ à l'étranger ». Elle aurait aimé savoir, par exemple, que le taux bactérien de l'eau du robinet peut être élevé dans de nombreux pays en voie de développement. De plus, a-t-elle dit, il importe que les gens soient informés des méthodes permettant de prévenir la contagion des infections.

Dans bon nombre d'ambassades du Canada, le coordonnateur communautaire offre une bonne source d'information. Il est souvent en mesure de fournir des documents écrits propres au pays en cause. L'Institut canadien du service extérieur dispose d'un site Web offrant des renseignements récents et fort pertinents sur chaque pays où des employés du MAECI sont susceptibles d'être affectés.

Formation en premiers soins

On a souligné la nécessité d'une formation en premiers soins, particulièrement avant le départ vers un pays en voie de développement. Une participante a fait remarquer qu'aux endroits où les soins infirmiers sont presque inexistants, il est préférable de se donner des injections soi-même pour éviter la contamination; avant que sa famille ne parte vers son nouveau pays d'affectation, elle a dû elle-même trouver un programme de formation en premiers soins en Suisse, et aucun cours n'offrait de l'information sur la façon de donner une injection. Les membres du panel ont souligné que c'est également le cas pour les cours de premiers soins canadiens.

De nombreuses mini-cliniques sont établies au sein des ambassades du Canada en oeuvre dans les pays d'affectation où les infrastructures médicales sont inférieures aux normes. Les soins y sont assurés par une infirmière contractuelle, qui est souvent de nationalité canadienne. On fait face à certaines difficultés en ce qui a trait à la dotation et à l'administration de ces cliniques; ces problèmes sont lentement réglés par l'entremise d'un comité interministériel.

Évacuations médicales

Un participant canadien a demandé quelles sont les dispositions prévues relativement aux grossesses et aux accouchements des femmes à l'étranger, et à quel moment ces femmes peuvent être évacuées pour donner naissance à leur enfant au Canada.

Diane Breton a expliqué que les évacuations médicales pour cause de grossesse et d'accouchement sont automatiques dans les missions où les services médicaux sont tels que la vie de la mère et de l'enfant pourrait être mise en danger en cas de complications; on peut choisir de se rendre au Canada ou dans un centre médical désigné. Citant sa propre expérience, elle a conseillé aux gens d'obtenir le plus de renseignements possible avant de partir en affectation, afin de comprendre parfaitement les choix qui s'offrent à eux.

Prévention des maladies

Une participante a dit déplorer que les membres du MAECI ne soient pas soumis à un examen médical « sérieux » avant leur départ pour une mission et à leur retour. Selon elle, les examens prévus actuellement semblent routiniers, et ne sont pas aussi approfondis qu'ils ne devraient l'être. Les personnes qui reviennent directement de missions difficiles sont soumises aux examens médicaux postérieurs, alors que celles qui reviennent de missions de catégorie « A » (telles que l'Europe de l'Ouest) n'y sont pas soumises en raison du fait qu'elles sont censées avoir eu accès à de bons soins de santé à ces endroits. Qu'en est-il des personnes qui sont permutées en Europe à partir d'une mission en pays tropical, et qui pourraient être porteuses d'une maladie tropicale non diagnostiquée à cette première mission?

Bureaucratie

Les soins de santé aux familles des employés du service extérieur canadien relèvent d'un grand nombre de paliers de gouvernement et de diverses institutions. Apparemment, cette situation constitue aussi un problème courant pour les familles des employés des services extérieurs d'autres pays. Le fait de traiter avec divers paliers de bureaucratie peut s'avérer très frustrant, particulièrement lorsqu'il faut composer en même temps avec des situations médicales imprévues à l'étranger.

Les participants ont donné plusieurs exemples de cas pouvant provoquer une telle frustration:

Une participante de l'Australie s'est plainte des dédales de la bureaucratie et de l'inévitable paperasserie que cela entraîne. « Certaines personnes, et parfois plusieurs d'entre elles, doivent connaître des détails très personnels liés à nos antécédents médicaux. » Selon elle, cela peut amener les gens à ne pas faire appel aux services de santé, car ces renseignements peuvent avoir une incidence sur la carrière d'un employé. Elle a dit juger « très offensant » que sa vie privée puisse être ainsi compromise.

Des membres du panel ont fait remarquer que les gens ont souvent la forte impression que leur vie privée est jetée en pâture au regard d'autrui. Au MAECI, par exemple, trois conseillers-cliniciens sont à la disposition des employés et de leur famille. Même si la confidentialité est garantie, les gens hésitent parfois à consulter ces spécialistes, car ils se sentent gênés à l'idée de parler de leurs problèmes personnels dans un contexte rattaché au milieu de travail. L'attitude consistant à « garder son flegme » et à « surveiller ses arrières » demeure un important facteur de motivation au sein du service diplomatique, aussi bien chez les enfants que chez les adultes.

Julie Dubé, qui a récemment agi à titre de représentante de l'ACSE pour le comité de la santé à l'étranger, a expliqué brièvement que ce comité a été créé pour donner suite aux recommandations faites par le groupe d'étude sur la santé des membres de la fonction publique à l'étranger. « Le MAECI, a-t-elle dit, souhaite notre bien, mais le Conseil du Trésor tient les cordons de la bourse. » Elle est d'avis que le comité, composé de représentants du Conseil du Trésor, du MAECI, Citoyenneté et Immigration et de Santé Canada, travaille très lentement. Les recommandations ne sont pas encore mises en oeuvre, en raison de l'envergure et de la complexité de la tâche et de l'insuffisance du financement pour l'application des changements recommandés.

Maintien de la continuité médicale

Une discussion fort animée a eu lieu au sujet de cette question, et les participants ont fait de nombreuses suggestions. Il est difficile de maintenir la continuité en raison des nombreux changements sur le plan de la culture, de la langue et des environnements physiques, notamment pour ce qui touche à la tenue des dossiers médicaux. Pour assurer la continuité, il est essentiel, croit-on, d'apporter les dossiers médicaux aux missions à l'étranger, puis de les rapporter au pays d'origine.

Recommandations découlant de la discussion concernant les questions d'ordre médical et liées à la santé

  • Des renseignements récents, pertinents et accessibles de façon centralisée, concernant tous les aspects de la santé, devraient être mis à la disposition des familles partant à l'étranger.
  • Avant une affectation, il faudrait que l'information soit communiquée d'office à la famille, et que celle-ci n'ait pas à faire elle-même les démarches nécessaires pour l'obtenir.
  • Des cours de formation sur les questions relatives à la santé devraient être offerts régulièrement aux familles partant à l'étranger; peut-être même conviendrait-il que ces cours soient obligatoires.
  • Toute aide médicale fournie par un gouvernement doit être réaliste et viser réellement à répondre aux besoins des clients, et non seulement à apaiser ces derniers. De plus, les responsabilités doivent être clairement définies.
  • L'administration des services de soins de santé à l'étranger doit être plus simple et plus souple.
  • Le droit au respect de la vie privée doit être évalué attentivement et par rapport à ce qu'il faut vraiment savoir à des fins administratives.
  • Nos pays devraient partager davantage d'information et de services, à partir de données bien documentées concernant les profils de santé des familles des employés du service extérieur

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