La vie en mission

Sous Le Soleil De Roumanie
Christine LeBlein - cleblein@yahoo.ca

L’été représente souvent un moment privilégiéer de l’année pour les expatriés pour retourner vers leurs pays d’origine ou encore pour goûter à l’exotisme de nouvelles destinations vacances. En poste depuis déjà un an en Roumanie à Bucarest, ma famille et moi-même avions été frappés de constater l’été dernier, à notre arrivée dans le pays, l’absence notable d’étrangers ainsi que la désertion de la ville par les Bbucarestois, eux-mêmes. Cependant, au contraire des autres capitales européennes telles que Paris, Rome ou Londres, cette désertion saisonnière ne paraissait pas être compensée par un afflux important de touristes. Bucarest accueille, bien sûr, son juste lot de visiteurs, mais pas au point de donner l’impression que la ville est en train de se transformer en une destination touristique internationale de premier choix. À l’instar de nos collègues expatriés, notre famille a le plus souvent choisi par le passé de profiter de ses vacances d’été au Canada… du moins jusqu’à cette année. En effet, la décision fut prise de faire de la Roumanie notre destination vacances de choix pour cet été. C’est avec appréhension que nous avons vu venir la fin de l’année scolaire, nous sentant soudainement devenir orphelins, tandis que nos amis canadiens, français et américains s’en retournaient chez eux pour l’été, nous laissant alors avec pour seule et unique option de devoir survivre avec nos deux enfants les prochains deux mois des « grandes vacances » sous le soleil roumain. Les quelques paroles de réconfort de ceux qui s’en allaient vers de meilleurs horizons étaient loin de nous rassurer. Nous n’en finissions pas d’entendre parler de la chaleur écrasante à Bucarest au cours de l’été précédent, et commencions à craindre de nous voir nous transformer petit à petit en véritables ermites sociaux avec la disparition graduelle de la communauté d’expatriés au cours de l’été. Il fallait très clairement être inconscient pour envisager de passer l’été dans la capitale roumaine avec de jeunes enfants! Bien que la plupart de ces prévisions se soient avérées justes, notre été roumain fut très ensoleillé et extrêmement chaud, tandis que Bucarest s’est transformée de la fin du mois de juin jusqu’à la mi-août en un quasi paradis routier. En dépit de tout, notre expérience estivale roumaine s’est donc révélée positive et reposante.

Avec des températures avoisinant en moyenne 32 degrés Celsius ainsi qu’une quasi absence de pluie pendant deux mois, les premiers signes d’une sécheresse dévastatrice pour l’agriculture se sont rapidement fait voir à Bucarest, tout comme dans le reste de la Roumanie. Dans les journaux télévisés, les températures journalières faisaient l’objet d’un classement par codes de couleurs orange ou rouge pour chaque comté roumain (« rouge » étant synonyme de températures dépassant les 40 degrés Celsius). Bucarest enregistra les températures les plus élevées en Europe, suivie de très près par Belgrade, Athènes, Budapest, Sofia et Zagreb. Sans espoir de pluie rafraîchissante en vue, les Bucarestois, de même que le reste des habitants du pays, se résignèrent à recourir aux bonnes vieilles habitudes de porter des chapeaux de paille, boire beaucoup d’eau et rester chez eux pendant les heures les plus chaudes de la journée. Bucarest prit alors des allures de villes canadiennes au coeur des vagues de froid hivernales pendant lesquels les gens ne s’aventurent dehors qu’en cas de nécessité. Quant à nous, notre stratégie de survie consista à devenir les « membres actifs » d’une des rares piscines dans notre voisinage, devenue pour nous, à la fois notre quartier général et oasis pour l’été. De façon étonnante 32 degrés Celsius paraissent très rafraîchissants quand la température extérieure atteint les 43 degrés. Néanmoins, nous décidâmes de ne pas laisser cette vague de chaleur entamer notre désir de découvrir davantage la campagne roumaine. Pour cela nous bénéficiâmes du support moral d’un ami canadien, originaire du Québec, à l’esprit aventureux, et qui accepta de se joindre à nous pendant presque un mois dans notre découverte du pays.

Une chose dont nous pouvions être sûrs : le soleil serait au rendez-vous tout au long de nos excursions hors de la capitale! C’est donc convaincus que la météo nous était favorable, que nous partîmes pour la Transylvanie, région centrale de la Roumanie, bordée par les Carpates et recouvertes d’immenses forêts, avec en tête l’idée d’explorer les citadelles saxonnes de Transylvanie situées entre les villes de Sibiu, Sighisoara et Brasov. Mais bien sûr, aucun voyage dans cette partie du pays ne saurait être parfait sans prendre le temps de visiter au moins un des lieux célèbres où Vlad Tepes (alias Dracula) pourrait avoir passé une nuit ou deux en route pour combattre les Tturcs. Notre premier arrêt fut donc à la forteresse de Poianeri, considérée par les adeptes de Dracula comme étant « le vrai château de Dracula ». Perchée au sommet d’une montagne, l’accès à ce qui maintenant n’est plus que ruines de la forteresse, se fait par plus de 1400 marches; Assez pour nous apercevoir que nous n’étions,pour la plupart d’entre nous, pas en très grande forme. Notre arrivée au sommet fut récompensée par une vue magnifique sur les montagnes Fagaras.

Fagaras Mountains

Après nous être imprégnés pour quelques heures des détails guerriers et sanglants de l’histoire roumaine luttant contre les envahisseurs, nous décidâmes de nous rendre à Sibiu en suivant la route des Transfagaras. Projet colossal de Ceausescu, cette route est maintenant la plus haute route asphaltée de Roumanie. Tandis que nous nous laissions prendre par la beauté des paysages montagneux grandioses, notre chauffeur (mon conjoint) se concentrait entièrement sur la route sinueuse dont les accotements flirtaient parfois dangereusement avec le bord d’un précipice. Sains et saufs, nous atteignîmes notre première destination pour la nuit : Sibiu. Magnifique et très bien conservée, Sibiu a été consacrée en 2007 Capitale européenne de la culture. Nous succombâmes immédiatement au charme et à l’ambiance animée de cette ville saxonne médiévale avec ses rues pavées, ses places qui s’enchevêtrent, ses vieilles demeures hautes en couleur et où une majorité de ses habitants s’expriment encore en allemand. Après deux jours à tenter de capturer l’âme de cette ville au travers de l’objectif de nos appareils photos, nous quittâmes ce lieu enchanteur pour partir à la découverte des églises saxonnes fortifiées, symbolisant les tentatives des populations au XV ième et XVI ième siècles pour protéger leur villes contre la menace des invasions turques. Avec plus de trente églises fortifiées disséminées entre Sibiu, Sighisoara et Brasov, nous décidâmes de nous en remettre aux conseils de notre guide de voyages et de ne visiter que les plus accessibles, c’est-à-dire celles reliées par ce qui peut être considéré comme une route! C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans de petits villages, où les clés de l’église que nous voulions visiter, se trouvaient sous la bonne garde du maire demeurant de l’autre côté de la rue. Avec à chaque fois la même impression dans la plupart des endroits visités, que la présence de touristes et encore plus celle d’étrangers constituait quelque chose de rare, voire d’étrange. Cependant, chaque fois, nous fûmes bien accueillis par les villageois qui, parfois, comme à Viscris essayèrent de nous aider à trouver le gardien et la clef! Dans certains cas, comme à Slimnic, nous eûmes l’impression de voyager dans le temps en découvrant une forteresse « vivante », abritant différents animaux de ferme…loin de l’atmosphère traditionnelle des monuments historiques à laquelle nous sommes habitués. Le gardien gentiment nous expliqua que notre don (droit d’entrée) non seulement servirait à l’entretien de la forteresse, mais également à nourrir les animaux qui y résident! Avant de nous rendre à notre prochaine destination pour la nuit, nous nous arrêtâmes dans la ville de Biertan, connue pour sa magnifique forteresse qui de loin ressemble étrangement au château de la Belle au bois dormant. Tandis que notre ami québécois succombait tranquillement au charme bucolique du lieu ainsi qu’à l’accent insidieux de la délectable créature blonde aux allures de princesse, postée à l’entrée de la forteresse pour promouvoir son magasin de souvenirs et d’artisanats, nous décidâmes de couper court à cette romance en nous dirigeant vers une autre beauté transylvaine : la ville de Sighisoara.

En rentrant par la porte principale de la vieille ville, nous eûmes tout de suite l’impression de rentrer dans une ville miniature. Les travaux en cours des rues et de la place principale contribuèrent à cette sensation d’étroitesse des lieux. Sighisoara est réputée être l’une des plus belles villes médiévales de Roumanie et cette ville fortifiée, également lieu de naissance de Vlad Tepes (Dracula), mérite pleinement sa réputation d’être l’un des joyaux de la Transylvanie. Bien que haut lieu touristique en été, Sighisoara a su se préserver de la modernisation et du tourisme de masse. Ici, vous pouvez passer des heures à déambuler dans les rues pavées, découvrir des maisons datant du XVI ième siècle ainsi que les multiples églises en attente de visiteurs à quasiment chaque coin de rue ou encore vous amuser à deviner quels groupes d’artisans occupaient quels quartiers de la vielle ville en observant les noms des rues. Chaque profession à l’époque avait en effet sa corporation et ses ateliers soigneusement établis derrière les murs protecteurs de la ville. Comme la plupart des villes fortifiées saxonnes, Sighisoara a un nom roumain, allemand (Schassburg) et hongrois (Segesvar), reflétant les différentes dominations ethniques et turbulences historiques qu’a connues la région.

Notre périple en Transylvanie touchant à sa fin, nous arrivâmes à Brasov, connue en allemand sous le nom de Kronstadt, la ville de la couronne, car selon la croyance populaire, la ville aurait été construite à l’endroit où fut découverte une couronne dans un arbre. Brasov est l’une des villes les plus visitées de la Transylvanie et est souvent considérée comme la Prague de Roumanie. La proximité de Bucarest se fait déjà sentir à Brasov, alors que nous nous sentons soudainement entourés de gens « branchés » dont le style vestimentaire dernier cris semble plus conçu pour attirer les regards aux terrasses des restaurants et des cafés de la vieille ville que pour s’adonner à des activités de plein air dans les montagnes avoisinantes. Bien qu’à seulement trois heures de route de Bucarest, Brasov avec ses murs et tours fortifiés offre tous les attributs d’une vraie ville médiévale saxonne. À l’époque saxonne, seuls les résidents d’origine allemande étaient autorisés à habiter à l’abri des murs protecteurs de la ville. Les roumains, quant à eux, se contentaient d’habiter à l’extérieur dans le quartier du Schei. Bien que Brasov ait été un centre commercial médiéval important, l’église noire (biserica neagra), à l’imposante structure gothique et de couleur noire due à un incendie au XVIII ième siècle, constitue l’un des monuments historiques emblématiques de la ville à voir absolument. À notre grande surprise, cette église luthérienne abrite l’une des plus large collection de tapis turcs en dehors de la Turquie. Ramenés d’Istanbul, lors d’expéditions commerciales par les marchants transylvains, ceux-ci en firent dons pour orner l’intérieur de l’église. Ce mélange harmonieux entre le raffinement des tapis ottomans et la sévérité de l’architecture luthérienne n’est pas sans nous rappeler les luttes de pouvoir sans fin entre civilisations pendant des siècles ainsi que les influences interculturelles qui immanquablement en ont résulté dans la région. Abandonnant la quasi fraîcheur de nos 35 degrés dans les Carpates, nous fûmes à nouveau accueillis à notre retour par la chaleur extrême régnant sur Bucarest. La rumeur voulait que les services secrets roumains, eux-mêmes, soient impliqués dans la vague de chaleur! Le journal « Gardianul » affirma dans un article se voulant très sérieux que pour des raisons de secrets d’État, les services de renseignements roumains (SRI) avaient interdit la publication des prévisions météorologiques en Roumanie pour les mois de juillet et d’août en vue d’éviter d’informer les Roumains qu’ « une chaleur mortelle allait frapper la Roumanie dans les semaines à venir ». Le SRI, bien sûr, démentit cette information, expliquant que « les compétences, prérogatives et responsabilités du SRI s’exerçaient uniquement dans le domaine de la sécurité nationale » et ne s’étendaient donc pas à celui de la météo. Ce qui pour nous apparaît comme un exemple de mauvais journalisme, contribua à rappeler à la population roumaine le triste souvenir de la censure et du pouvoir absolu imposé sur le pays par la Securitate, les anciens services de renseignements roumain sous le régime de Ceaucescu, transformant ainsi la canicule en une menace éventuelle à la liberté d’information!

Avec l’arrivée du mois d’août, aucune amélioration ne semblait en vue côté températures. Pour notre dernière semaine de vacances, nous décidâmes donc de partir dans le nord du pays en Bucovine, région frontalière avec l’Ukraine et célèbre pour ses monastères peints médiévaux, classés au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1993, ainsi que pour sa campagne au charme et paysage bucoliques et pour le style de vie traditionnel de ses habitants. Sans regret nous quittâmes la chaleur accablante de Bucarest en quête de rafraîchissements du corps et de l’âme au coeur de cette région connue sous le nom de l’archipel des monastères. Après 8 heures éprouvantes sur les routes roumaines, nous rejoignîmes notre « camp de base » pour la région : un complexe touristique entouré de champs et de fermes dont les coqs se chargeaient de nous tirer du lit au petit matin. Tandis que nous prenions la route pour visiter notre premier monastère dans la région, les magnifiques maisons en bois de style ukrainien ne manquèrent pas d’attirer notre attention, de même que le nombre croissant de LADA quatre roues motrices rencontrées en chemin, comme pour nous rappeler la proximité de la frontière ukrainienne ainsi qu’une histoire autrefois commune avec ce pays. La Bucovine roumaine représente, en effet, la partie sud d’une région qui se prolonge en Ukraine. Autrefois sous le joug austro-hongrois, elle fut restituée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’Union Soviétique en 1940 pour ensuite devenir à la chute de cette dernière partie intégrante de l’Ukraine. Malgré une histoire mouvementée, un personnage demeure hautement populaire en Bucovine : Étienne le Grand. La plupart des monastères dans la région ont été érigés sous son règne ou celui de son fils, Petru Rares. Il reste encore très vénéré par les Roumains, comme nous avons pu le constater à travers les démonstrations de ferveur religieuse autour de sa tombe dans le monastère de Putna. Son nom symbolise la foie chrétienne orthodoxe inébranlable des Roumains. Dire que les Roumains sont croyants serait probablement un euphémisme. Dans la capitale elle-même, la plupart ne passent pas devant une église sans se signer. Que ce soit par pure superstition ou réelle croyance, la tradition ne s’est pas éteinte, malgré les années de communisme et une montée en puissance du matérialisme et de la société de consommation partout dans le pays. Pour beaucoup, rendre visite aux monastères de Bucovine représente une sorte de pèlerinage.

Cependant, notre première journée de visites monacales dut rapidement s’adapter à l’état des routes locales. L’écrasante vague de chaleur eut, en effet, pour conséquence de déclencher de violents orages, rapidement suivis par des pluies torrentielles. De nombreux ponts et routes dans la région furent ainsi entièrement détruits ou fortement endommagés, forçant les habitants et touristes, comme nous, à emprunter des voies de contournement assez périlleuses.

Le monastère d’Humor datant du XVI ième siècle nous émerveilla par le rouge dominant de ses fresques extérieures consacrées à la Sainte Vierge. Chacun des monastères fortifiés de Bucovine possède une couleur prédominante unique qui, en dépit du temps et des intempéries, s’est bien conservée jusqu’à nos jours. Le rouge radieux de Humor, le bleu inégalé de Voronet et le vert profond de Sucevita, tous obtenus à partir de teintures naturelles, n’ont pas encore révélés leurs secrets de fabrication jusqu’à ce jour. Les fresques extérieures de ces monastères, sous leur allure de bandes dessinées, servaient à éduquer les paysans illettrés de la région pour qui la liturgie slave demeurait un mystère. Représentant des fragments de la vie de personnages religieux vénérés par le monastère ainsi que le jour du Jugement Dernier, ces fresques jouaient le rôle autant de garde-fous moraux que d’enseignants. Malgré l’engouement dont bénéficient ces monastères de la part des résidents locaux ainsi que des touristes, ceux-ci demeurent de véritables lieux de culte habités par des communautés actives de relativement jeunes nonnes ou moines, dont la présence contribue à rehausser le charme Limités à 20 km à l’heure, nous ne pouvions qu’admirer les hameaux pittoresques que nous traversions, avec les troupeaux broutant paisiblement en bordure de chemin, tandis que des familles entières profitaient du grand air, étendue à l’ombre en dehors de leurs maisons, en décalage total avec notre rythme de vie. Partout où portait notre regard nous étions entourés de larges forêts et de petites collines qui, de loin, donnaient l’impression de tomber en pente douce comme autant de tapis de velours verts. Après deux heures de pur charme pastoral (plus ou moins apprécié par nos enfants de 7 et 5 ans), nous nous arrêtâmes à Humor et finalement visitâmes notre premier et seul monastère de la journée! Bien que très accueillants pour les touristes, les visites de monastères se veulent un acte religieux et de dévotion. À cet égard, l’on s’attend à ce que les visiteurs adoptent une tenue vestimentaire respectueuse des lieux. Bizarrement l’usage veut que les hommes soient obligés de couvrir leurs jambes alors que pour les femmes, seules les épaules doivent absolument être couvertes. À l’entrée du monastère, des sortes de longues jupes sont fournies aux hommes qui auraient eu la mauvaise idée de se mettre en bermuda par 35 degrés (ce qui pourrait éventuellement perturber l’efficacité de la communauté religieuse). Le résultat de ce double standard fait en sorte qu’un certain nombre d’hommes se retrouvent donc à ressembler à des moines, tandis que certaines de leurs homologues féminines arborant de profonds décolletés et aux robes courtes sont autorisées à poursuivre leur visite sans souci! et le pittoresque des lieux. Malheureusement, après avoir passé quatre jours à admirer les splendeurs peintes de Bucovine ainsi que la sérénité de ses campagnes, il nous fallut nous résoudre à faire nos adieux à cette région enchanteresse de la Roumanie pour nous replonger dans le rythme trépidant de Bucarest, pleinement conscients de l’été qui s’achevait.

La fin de semaine de la fête du travail se profilait à l’horizon marquant comme pour la plupart des Canadiens la fin psychologique de l’été. Nous décidâmes de célébrer ce tournant saisonnier en allant faire de la randonnée pendant deux jours dans les montagnes avoisinantes de Bucegi. Situé à 2000 mètres d’altitude, nos enfants allaient avoir leur première expérience de randonnée de montagne en suivant une piste bien balisée sur un plateau. Pendant deux heures nous marchâmes dans les nuages. Malgré une météo médiocre, principalement nuageuse et froide, nos enfants semblaient apprécier leur première expérience de randonneurs, s’autoproclamant « mangeurs de nuages » (a priori les nuages à cette altitude goûtent la vanille). Après cette première expérience froide et humide en montagne, nous allâmes nous réconforter autour d’une copieuse « ciorba » (soupe romaine) au « cabana » (refuge de montagne) où nous passâmes la nuit. La vue exceptionnelle sur les montagnes Bucegi suffit à nous faire oublier la rusticité de notre abri et à nous donner l’envie de retourner en excursion dans ces montagnes. Malgré le fait que les vacances d’été ne soient maintenant plus qu’un souvenir et que les enfants aient repris le chemin de l’école, c’est avec plaisir que nous voyons approcher l’automne…sous le soleil de Roumanie!

Temple

Christine Le Blein vit en ce moment à Bucarest en affectation avec son mari et ses deux enfants. Elle aime prendre la plume pour partager son expérience de la Roumanie. Traductrice pour Le Bulletin, elle aimerait saisir cette occasion pour inciter tous les membres de l’ACSE talentueux et passionnés par le français à envisager d’offrir leur talent de traducteur à titre de bénévole pour Le Bulletin.