© Agence canadienne de développement international 1987
- Lettre d'introduction
- Introduction
- Pourquoi un pensionnat?
- Que recherche l'école? Que devraient rechercher les parents?
- Quels sont les avantages des pensionnats?
- Quels renseignements trouve-t-on dans les brochures? Qu'est-ce que la famille devrait savoir?
- L'étudiant et la famille
- Conseillers/conseillères du MAECI
AvertissementLACDI a donné autorisation d'afficher cet article en 2006. l'ACDI n'est pas responsable pour les erreurs ou or erreurs de précision dans ce document qui à l'origine à été recherché et publié en 1987 et qui n'a pas été mis à jour depuis.
Lettre d'introduction, mai, 2000
Cet article a été écrit pour un contrat donné par l'Agence Canadienne de développement international (ACDI) en 1987, lorsqu'il est devenu apparent que le fait de devoir choisir un pensionnat est une chose plus compliquée que les parents peuvent le penser avant qu'ils embarquent dans ce procédé. L'article est publié ici avec la permission de l'ACDI. Il a aussi été distribué par des consultants en éducation qui sont spécialisés pour trouver les écoles indépendantes appropriées aux besoins des étudiants.
Certaines choses ont changé ces années passées, comme le fait de pouvoir communiquer plus facilement avec des moyens offerts à presque tout le monde. Surtout utilisez-les pour maintenir une communication constante entre étudiant, parents et institution, soit par courrier électronique ou par téléphone, chose qui peut se faire plus facilement grâce aux prix réduits des conversations téléphoniques longue distance. Pensez sérieusement aux systèmes de soutien que vous pouvez mettre en place pour vos enfants lorsqu'ils sont éloignés de vous. Les parents du Service extérieur canadien, sont encouragés à rencontrer les conseillers du Programme d'assistance aux employés du Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, avec leurs enfants pour que ceux-ci puissent faire connaissance avec ceux qui peuvent les aider en cas de besoin.
Cependant, parler de la façon dont on va communiquer lorsque le jeune a quitté ses parents, c'est mettre la charrue avant les boeufs. Choisir l'école appropriée est bien plus important, et obtenir une situation idéale, un assortiment parfait entre l'entant et l'institut est essentiel; cela demande beaucoup d'attention et de discussions au sein de la famille.
L'ACSE espère que cet article vous aidera à prendre conscience des questions qui doivent être examinées lorsque l'on considère un pensionnat pour son enfant avant de partir en poste. Pour certaines personnes, ceci est une expérience positive qui promeut la croissance de l'enfant et la confiance de la part de la famille. Gardez l'oeil attentif en regardant les brochures et vidéos des pensionnats après avoir lu ce que cet article a à vous offrir.
Avec tous nos bons voeux pour vous et votre famille.
Nancy Fraser
Another Option for CIDA co-operants
Prepared by Nancy S. Fraser
© Canadian International Development Agency 1987
Ce document s'adresse aux parents qui n'ont peut-être pas songé à inscrire leurs enfants dans des pensionnats. L'auteur s'efforce de leur montrer que c'est une solution qui pourrait répondre à leurs besoins et qui présente un intérêt tout particulier pour les familles qui envisagent d'accepter une affectation à l'étranger, dans un endroit où il n'y a pas d'établissement d'enseignement ou dans un endroit où les établissements proposent un programme scolaire qui n'est pas optimal, dans un contexte qui n'est pas optimal.
Le problème qui nous préoccupe ici est de trouver un milieu qui satisfasse les besoins scolaires, sociaux et émotifs d'un adolescent. I1 est toujours difficile de choisir une école qui répondre à ces besoins, la tâche est encore plus délicate quand la famille prévoit déménager à l'étranger et qu'elle sait que l'enfant ne pourra compter sur elle si la solution retenue n'est pas la bonne. Ce texte a été rédigé pour aider les familles à cerner les besoins de leurs enfants et à obtenir les renseignements dont elles ont besoin pour choisir l'école qui convient. I1 est important que l'enfant participe à ce processus et qu'on l'incite à voir là une possibilité de changement et de nouveaux défis à relever. I1 faut bien comprendre que des sentiments ambivalents se manifesteront, et il faudra en tenir compte.
I1 existe une grande diversité de pensionnats, chacun ayant son originalité. Certains ont été créés récemment, alors que la plupart existent depuis un certain temps. Chacun publie une brochure de renseignements et, s'ils sont peu nombreux à prétendre qu'ils "répondent réellement à tous les besoins de l'enfant", certains laissent entendre qu'ils conviennent pratiquement à tous les enfants. Certains pensionnats sont spécialisés et s'efforcent de répondre aux besoins de certains groupes d'enfants. Chaque école a ses forces et ses faiblesses et chacune fera de son mieux pour mettre en évidence les éléments les plus avantageux de son programme. Le présent document explique comment interpréter ces brochures, tant les renseignements qu'elles donnent que ceux qu'elles omettent. On propose des questions à poser pour tirer au clair les éléments importants qui pourraient ne pas se trouver de façon claire et précise dans la documentation sur l'école.
Les brochures fournissant des renseignements sur les pensionnats donnent des détails sur le programme scolaire et la conception de l'enseignement. Les parents devront évaluer ces renseignements en fonction des besoins scolaires de leur enfant et de son avenir. Comme on admet qu'il s'agit là de questions de la première importance pour l'école et la famille, nous n'aborderons pas ce domaine dans la liste des questions sans réponse dont traite cet article.
Il est intéressant de constater qu'il y a eu fort peu de recherches empiriques sur les pensionnats et sur leurs étudiants. Les parents et les étudiants qui ont vécu ces situations ont fait part librement de leurs expériences pour aider à la préparation de ce texte. Leur aide s'est avérée particulièrement utile en ce qui a trait au processus d'adaptation qui doivent vivre les étudiants et à la description de ce que l'école cherche à savoir lors de l'entrevue de pré-inscription.
Il peut y avoir de nombreuses raisons qui incitent des parents et des enfants à choisir la solution du pensionnat. Si certaines sont traditionnelles, d'autres sont des réactions à l'évolution des valeurs qui ont actuellement cours dans la société.
On a souvent critiqué les écoles indépendantes en disant qu'elles sont élitistes, qu'elles donnent une conscience de classe dans une société qui, au départ, n'en compte pas, que ceux qui peuvent s'offrir le luxe de payer les frais d'inscription y envoient leurs enfants pour qu'ils soient en contact avec d'autres enfants de la même classe, partageant les mêmes valeurs, et pour qu'ils établissent des relations qui leur serviront le reste de leur vie. Les écoles répondent à ces critiques en mettant l'accent sur des programmes de bourses attribuées en fonction des besoins financiers de la famille et sur un ensemble rigoureux d'examens pour obtenir ces bourses. Les écoles indépendantes s'efforcent ainsi de modifier la composition de leur clientèle et de faire sentir les effets de leur enseignement dans toute la société. Les écoles attirent également l'attention sur le fait que de nombreux parents sont de si chauds partisans des écoles indépendantes qu'ils font des efforts considérables pour y envoyer leurs enfants.
Alors que le secteur de l'éducation évolue rapidement, certains parents s'inquiètent des valeurs morales auxquelles leurs enfants seront exposés. En inscrivant leurs enfants dans des écoles indépendantes, ils peuvent choisir plus directement les qualités qu'ils préfèrent voir prédominer dans le milieu qui sera celui de leur enfant. Ces écoles indépendantes mettent souvent l'accent sur la discipline et sur les résultats scolaires, ainsi que sur les activités sportives et artistiques. Cela donne un programme plus traditionnel. Un pensionnat mettra aussi l'accent sur l'interdépendance et les comportements sociaux nécessaires pour que les enseignants et les étudiants vivent ensemble en harmonie, en respectant les autres dans un milieu plus ou moins protégé.
Les familles qui se déplacent ont souvent choisi d'inscrire leurs enfants dans des pensionnats, soit parce qu'il n'était pas possible de recevoir un enseignement qui leur convienne à l'endroit où elles se trouvent, soit parce que l'homogénéité de l'enseignement et de la psychologie dont l'enfant a de plus en plus besoin au fur et à mesure qu'il grandit pourrait être compromise si la famille déménageait. L'école devient le cadre physique le plus stable pour certains de ces enfants puisque, si la famille déménage, l'élément central du "foyer" change. Il est important que l'enfant rende visite à sa famille dans son nouveau cadre de vie mais, s'il s'est adapté à l'école, il aura transféré vers celle-ci une partie de son allégeance.
Toutes les écoles sont fréquentées par un certain nombre d'enfants aux prises avec des problèmes de famille, sociaux ou scolaires. Chaque école abordera ces questions à sa façon: certaines écoles aident de manière spéciale les enfants qui ont des difficultés, alors que d'autres comptent sur un cadre fortement structuré et sur un faible "ratio" d'élèves par enseignant pour maîtriser ces problèmes. Il est très important, lors de la recherche d'une école, d'aborder ouvertement les raisons pour lesquelles on cherche un nouveau milieu d'enseignement puisqu'il faut, pour obtenir de bons résultats, qu'il y ait une bonne adéquation entre l'école et l'enfant.
Chaque école recherchera chez ces éventuels élèves une combinaison donnée de caractéristiques qui s'adapte à ses propres besoins et à ses propres forces. Chaque école a également conscience de ses responsabilités envers chaque enfant. Elle a donc intérêt à choisir des étudiants aux besoins desquels elle pourra effectivement répondre sans compromettre ses propres normes. L'administration de l'école a une image précise du profil qu'elle cherche chez les nouveaux venus.
Cela étant dit, ce sont les parents de chaque enfant qui le connaissent le mieux. Ils devraient donc, avant de présenter une demande d'admission à une école, évaluer les forces et les faiblesses de l'enfant. I1 est probable que l'enfant qui est indépendant, ouvert et en sécurité au sein de la famille, qui a des valeurs sociales bien définies, s'adaptera bien. Si de plus cet enfant est un bon élève, qui a de bonnes habitudes de travail et qui veut réussir à l'école et en sports, il est quasiment certain qu'il réussira bien dans une école indépendante. Il n'empêche que les étudiants qui n'ont pas toutes ces vertus peuvent également bien réussir dans un pensionnat si on choisit l'école avec soin et si l'enfant bénéficie d'une aide adéquate au sein de l'école et auprès de personnes à l'extérieur de celle-ci. Cette aide peut venir d'une communauté scolaire unie, de tuteurs qui prennent à coeur leurs responsabilités quant au bien-être de l'enfant, ou d'adultes à l'extérieur de l'école qui viennent également en aide à l'enfant ou à l'adolescent. Toutefois, l'enfant qui percevra la vie dans un pensionnat comme une punition ou un symbole de rejet par sa famille pourra trouver de nombreuses méthodes pour manifester sa colère et son ressentiment envers ses parents et l'établissement qu'ils auront choisi pour lui. Par contre, si l'enfant est emballé par les possibilités offertes par un pensionnat, s'il s'agit pour lui dune nouvelle expérience présentant de nouveaux défis et s'il veut y réussir, il est probable qu'il y réussira effectivement. Cela sera encore plus vrai si, à ses yeux, le règlement de l'école a un rôle social utile plutôt que d'être un obstacle à contourner ou à renverser. Les étudiants qui enfreignent délibérément et de façon répétée le règlement donnent des signaux qu'aucune école n'ignorera, ni ne devrait ignorer pendant longtemps dans l'intérêt de toute la population scolaire.
Si une famille a décidé de franchir les étapes nécessaires pour inscrire un enfant dans un pensionnat, elle devrait visiter l'école en question. I1 est important que leur futur élève participe à ce processus et il est même probable que le secrétaire ou le responsable des admissions insiste pour le rencontrer. I1 est important pour tout le monde que les deux parties s'entendent bien.
Si la famille a étudié avec soin toutes les belles brochures et éliminé les écoles qui ne correspondent pas aux besoins de l'étudiant, le nombre de celles qui restent en liste ne devrait pas être trop élevé. I1 est important, lors de l'entrevue, de se parler aussi ouvertement et aussi franchement que possible, car les droits d'inscription sont rarement remboursables, à moins qu'on ait pris une assurance à cet effet. La famille et la direction de l'école devraient toutes deux se demander si l'enfant peut répondre aux exigences de l'école et bien s'adapter à son nouveau milieu.
Il arrive assez souvent que plus d'un membre du personnel de l'établissement prenne part aux entrevues et qu'on fasse subir à l'élève un examen scolaire. Les représentants de l'école s'efforceront de déterminer si l'enfant pourra fournir le travail qu'on attend de lui, s'il convient à l'établissement en termes sociaux, si ses parents et lui partagent les valeurs de l'établissement, s'il est motivé à bien faire et s'il participera à la vie de l'école. On s'efforcera également, à cette étape, de déterminer s'il y a des conflits entre l'enfant et ses parents, des conflits allant au-delà des différences normales d'opinions entre des individus.
Les pensionnats peuvent présenter plusieurs avantages que devraient étudier les familles qui songent à ce type d'établissement pour leurs enfants.
En règle générale, leur enseignement est plus individualisé. Les classes sont habituellement moins chargées. Les enseignants habitent souvent dans des logements appartenant à l'école, surtout si celle-ci est située en dehors d'une grande ville, et assument des responsabilités en dehors de l'enseignement. Les écoles indépendantes s'enorgueillissent souvent de la proportion de leurs élèves qui poursuivent une scolarité poste-secondaire. C'est la raison pour laquelle les élèves y prennent des habitudes de travail responsable. Ils peuvent acquérir celles-ci par toute une gamme de méthodes, mais pratiquement toutes les écoles ont une période obligatoire d'étude chaque jour de classe, que ce soit dans la chambre de l'élève ou en groupes dans des salles d'étude. Dans la plupart des écoles, chaque étudiant relève d'un superviseur ou d'un tuteur qu'il rencontre une fois par semaine ou plus souvent. Tous les enseignants font rapport sur chaque étudiant au tuteur désigné en faisant état des progrès de l'élève et de tout problème ou de toute difficulté dès son apparition. Cette méthode de communication constante permet de suivre l'évolution scolaire de chaque enfant; chaque élève doit constamment faire face à ses responsabilités dans la classe. Quand les élèves passent dans des classes supérieures, la supervision se relâche pour leur permettre d'assumer leurs propres responsabilités scolaires et personnelles.
Compte tenu de l'emplacement de l'école, de sa philosophie, de la proportion d'externes et de pensionnaires, des différences qui existent entre les écoles, les horaires des pensionnats sont en général plus remplis. Cela est compréhensible quand on sait que l'école doit permettre à des groupes d'élèves aussi divers que considérables de se partager entre les activités scolaires et les activités sportives, sans pour autant oublier les repas et les tâches d'entretien ménager nécessaires dans l'établissement. Cela suppose le respect des horaires et un comportement responsable, qualités jugées nécessaires par l'école et que de nombreux parents apprécient.
On s'assure que l'étudiant comprend bien le règlement intérieur. Un livret donnant l'horaire et le règlement de l'école fait généralement partie de la documentation fournie par l'établissement. Tous ces éléments du comportement à l'intérieur de l'établissement sont abordés lors du programme d'orientation que l'école organise pendant un ou deux jours au début de l'année scolaire. Si les enfants comprennent bien les règlements qu'ils doivent observer, ils ont aussi conscience des limites du règlement. Les domaines dans lesquels s'exerce une certaine souplesse sont bien définis et on tient compte des besoins particuliers à chaque étudiant. On constate, dans de nombreux cas, qu'un pensionnat permet beaucoup plus de souplesse individuelle qu'une école publique qui s'adresse à une population étudiante beaucoup plus vaste et qui fait partie d'un conseil scolaire urbain devant répondre à des besoins beaucoup plus divers.
Bien que le pensionnat offre un milieu réglementé, il ne peut toutefois pas garantir qu'on n'y trouvera pas de drogue. Le problème de la drogue est une réalité chez les adolescents, même si l'utilisation de celle-ci est probablement plus faible dans les milieux contrôlés et supervisés d'un pensionnat, ne serait-ce que parce que les conséquences sont rapides et assurées. Demandez à toute école qui vous intéresse quelle est la politique en matière de drogue, de tabac et de boisson. Vous constaterez qu'elle est le plus souvent bien pensée et clairement énoncée. Plusieurs écoles consultées dans le cadre de la préparation de cet article punissent sévèrement les étudiants trouvés en possession de drogue ou les expulsent purement et simplement.
Quand un pensionnat est bien choisi, qu'il convient bien à l'enfant d'une famille qui se déplace d'un pays à l'autre, il peut lui assurer une continuité. Les autres étudiants, le corps enseignant, les parents et les administrateurs deviennent des éléments importants de la vie de l'enfant. Le sens marqué de la communauté sur lequel on insiste à l'école peut offrir sécurité et affection à l'enfant qui en fait partie.
L'enfant ou l'adolescent qui a besoin de discipline dans les domaines sociaux ou scolaires constatera que l'horaire de la plupart des pensionnats lui en impose.
Les parents pourront être surpris de voir leur enfant assumer ses responsabilités d'une façon qu'ils n'avaient pas prévue. Comme bon nombre de pensionnats canadiens accueillent des enfants du début du secondaire à la fin du collégial, c'est-à-dire en général entre les âges de onze et dix-huit ans, leur population scolaire connaît toutes les phases de l'évolution psychologique et émotive des années agitées de l'adolescence jusqu'au début de l'âge adulte. I1 peut être rassurant pour les étudiants et les parents qu'une période où l'évolution est aussi rapide se déroule dans un milieu qui compte des adultes responsables ayant une bonne connaissance et une bonne perception du processus et des ajustements que cela impose. I1 arrive toutefois que certains adolescents trouvent qu'un pensionnat, avec toute sa structure, devient étouffant quand ils vieillissent.
Certains pensionnats estiment que la neuvième année est le meilleur moment pour accepter de nouveaux étudiants, même s'ils en acceptent à d'autres âges. Cela tient au fait qu'en règle générale, à l'âge de la puberté, c'est-à-dire vers l'âge de quatorze ou quinze ans, l'adolescent reporte sur des groupes de pairs les allégeances qu'il avait auparavant envers la famille. Ainsi, l'adaptation à un nouveau milieu et à un nouveau groupe correspond bien à une phase du développement de l'enfant.
En résumé, le pensionnat peut apporter un sens marqué de la communauté, de la structure, de la discipline et, dans de nombreux cas, un enseignement mieux individualisé. Il peut aussi offrir un milieu protégé dans lequel l'enfant qui est en dehors du noyau familial peut se sentir en sécurité et sans lequel on encouragera la recherche d'excellence dans les domaines scolaires, sportifs ou artistiques.
Les pensionnats produisent des brochures de renseignements qui s'avèrent utiles pour aider les familles à choisir la meilleure école pour chaque enfant. Chaque école sera tout à fait honnête quant à ce qu'elle y dit, mais il faut avoir conscience que chaque brochure est une forme de publicité dont la présentation et la production sont coûteuses. C'est pour cette raison qu'une brochure ne peut contenir tous les renseignements sur l'école. I1 est fort possible que la majorité des familles auxquelles la brochure est destinée n'aient pas les mêmes préoccupations qu'une famille qui se déplace. C'est pour cette raison que les familles qui songent à se déplacer à l'étranger et à laisser un membre de la famille dans un pensionnat doivent obtenir des réponses à certaines questions, car cela peut être lourd de conséquences à la fois pour l'enfant et pour sa famille. Après l'inscription, il sera trop tard!
Lisez attentivement toutes les brochures pour recueillir le plus de renseignements possibles. Posez ensuite les questions importantes laissées sans réponse. I1 n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, mais uniquement des réponses qui auront des conséquences positives ou négatives pour un enfant à chaque étape de son développement.
I1 ne s'agit pas ici simplement de savoir si le milieu conviendra à un enfant de la ville ou de la campagne. L'emplacement de l'école aura son importance pour l'organisation des activités de l'enfant pendant ses temps libres, après l'école ou pendant les fins de semaine. De nombreuses écoles en milieu rural ont des activités au programme pendant les fins de semaine, activités qui comprennent, par exemple, une demi-journée de classe trois samedis par mois, des activités religieuses ou des programmes artistiques et sportifs. Les écoles situées en milieu urbain, étant donné leur proximité des activités culturelles, peuvent laisser la fin de semaine complètement libre. S'il en est ainsi, qui sera responsable de l'étudiant? L'enfant est-il assez mûr pour occuper tout ce temps seul et intelligemment?
S'il y a un nombre trop important d'externes, il est possible que l'école s'efforce surtout de répondre à leurs besoins au détriment des pensionnaires. Cela peut ne pas être un problème s'il y a quelqu'un à l'école qui prend les enfants en charge en dehors des heures d'école. Par contre, si ce n'est pas le cas, les pensionnaires peuvent avoir le sentiment d'être des citoyens de seconde catégorie et se retrouver perdus dans ce milieu. Certains pensionnats acceptent des externes à condition qu'ils passent trois soirées ou plus par semaine à l'école, prenant leurs repas et faisant leurs travaux scolaires avec leurs camarades de classe. L'engagement envers les pensionnaires est évident et bien défini dans de telles écoles.
Met-elle davantage l'accent sur l'un de ces domaines ou l'horaire hebdomadaire fait-il preuve d'équilibre entre les trois? Offre-t-elle un choix d'activités dans les trois domaines? Est-il possible de ne se consacrer qu'à une seule activité? Faut-il participer à toute une gamme d'activités para-scolaires? Met-on l'accent sur la compétition ou sur la participation? Comment cela cadre-t-il avec l'expérience antérieure de l'enfant que vous songez à inscrire? De nombreux élèves qui n'avaient pas manifesté d'intérêt pour les activités para-scolaires ont découvert que le fait d'y participer comme membre d'un groupe peut être enrichissant et ont continué à pratiquer ces activités après avoir quitté l'école.
La plupart des brochures montrent au moins une photo d'un bâtiment, dortoir et parfois d'une chambre. Les parents et les enfants seront intéressés à connaître les conditions de vie, à savoir combien il y a d'étudiants dans chaque chambre et dans chaque bâtiment. Mélange-t-on les enfants d'âges différents? Y a-t-il des surveillants de résidence dans chaque bâtiment? Cette organisation est-elle flexible? De nombreuses écoles appliquent le système de foyers où on met l'accent sur la loyauté au foyer et à son groupe. Ainsi, l'organisation physique influence le milieu social. Y a-t-il un gouvernement étudiant dans chaque bâtiment ou y a-t-il des représentants des étudiants de chaque foyer qui siègent au conseil des étudiants? Y a-t-il un conseil d'étudiants?
L'organisation des lieux de résidence est importante pour bon nombre de raisons. De nombreuses écoles ont modifié leurs dortoirs au cours des dernières années parce que les besoins des étudiants ont évolué. On trouve souvent de deux à quatre étudiants dans une chambre pour les plus petits alors que les plus âgés ont leur propre chambre. Cela ne veut pas dire que les conditions de vie sont celles d'une salle d'hôpital. Les résidences ont souvent été conçues pour permettre une grande souplesse d'aménagement en prévoyant beaucoup d'espace dans chaque chambre pour que les résidents puissent l'arranger. I1 est important que l'étudiant ait quelque idée de l'organisation physique de l'endroit où il vivra, pour qu'il puisse décider en toute connaissance de cause s'il pourra s'adapter à la vie en groupe après la vie de famille.
La plupart des pensionnats imposent un genre quelconque d'uniforme comme moyen d'insuffler la loyauté envers l'école. I1 y a toutefois d'énormes différences entre les codes vestimentaires des diverses écoles. Cela peut être une question importante, en particulier pour les adolescents pour qui l'habillement est un mode d'expression. Certaines écoles demandent aux étudiants de porter en tout temps sur les terrains de l'école un uniforme réglementaire composé de vêtements bien précis. D'autres exigent le port de l'uniforme à des moments donnés comme à l'heure des repas, mais autorisent une vaste gamme de vêtements à d'autres moments. D'autres écoles encore ont un code vestimentaire dont les règles laissent une certaine liberté. C'est ainsi qu'une école de garçons impose le port de la veste, de la chemise et de la cravate en classe, interdit le port des jeans en tout temps sauf pour les travaux en atelier, et exige des chaussures en cuir pour toutes les activités qui n'ont pas de caractère sportif. Une autre impose le port, en classe, du blazer et de la jupe ou du pantalon gris, mais n'a pas d'exigence vestimentaire précise après la fin des activités scolaires. Les écoles imposent le port de l'uniforme pour toute sortes de raisons. On constate d'ailleurs que certaines écoles publiques songent à les exiger à nouveau en Amérique du Nord. L'une de ces raisons est d'éliminer la concurrence vestimentaire entre les étudiants. L'uniforme sert aussi à renforcer le sens de cohésion et d'identification à l'école chez tous les étudiants. I1 est intéressant de constater que beaucoup d'étudiants qui résistaient à l'origine au port de l'uniforme trouvent agréable de faire partie d'un groupe facilement identifiable et découvrent d'autres moyens de manifester leur individualité.
Même quant on tient compte des frais de scolarité payés par les agences, il y a inévitablement des dépenses supplémentaires qui incombent à l'étudiant et à sa famille. Les étudiants qui vivent à la maison ont à faire tous les jours de petites dépenses et il en sera de même à l'école. Si on veut éviter les mauvaises surprises, il est important d'analyser cette question et d'être prêt à y faire face à l'avance. On prend pour hypothèse que l'étudiant commencera l'année scolaire avec une garde-robe devant répondre à ses besoins et à ceux de l'école pour l'année, mais que, tout comme à la maison, des vêtements peuvent abîmés ou devenir trop petits. I1 peut s'avérer utile de le prévoir à l'avance dans le budget, en gardant à l'esprit que l'école n'attendra probablement pas qu'il y ait des soldes et qu'elle peut avoir une entente avec un magasin local pour répondre aux besoins vestimentaires des élèves. Cette dépense apparaîtra sur l'état de compte mensuel. Pour une famille nord-américaine, les coûts des produits de toilette quotidienne sont souvent confondus avec les factures hebdomadaires d'épicerie de la famille. Par contre, quand l'élève vit loin de sa famille, ces produits deviennent soudainement des dépenses spéciales. Certaines écoles tiennent ces produits à la disposition des élèves dans un petit comptoir alors que, dans d'autres cas, il incombe à l'élève de se les procurer seul. Qu'en est-il des coupes de cheveux? Ces dépenses devront être couvertes par une allocation hebdomadaire à la charge des parents.
L'école recommande-t-elle de remettre l'argent de poche à l'élève sur une basse hebdomadaire ou mensuelle? Les élèves ont-ils accès à des services bancaires locaux ou leur argent est-il déposé auprès de l'administration de l'école?
Il est parfois possible de demander à l'école de facturer mensuellement à l'avance un montant moyen de dépenses mensuelles pour aider à la préparation du budget. Qu'en est-il des dépenses de blanchissage? Dans certaines écoles, il incombe aux étudiants de faire leur propre lavage, ce qui revient à dire que le temps libre du samedi peut devoir être passé dans une laverie automatique à proximité. D'autres écoles ont une approche différente et estiment que les vêtements non lavés n'améliorant en rien l'apparence des dortoirs ni des étudiants; elles offrent dont un service de lavage et de nettoyage à sec.
Est-ce que l'école recommande de remettre un montant donné d'argent de poche à chaque étudiant? Comment ce montant est-il géré: par le comptable, le tuteur ou directement par les parents de l'étudiant? Ces sommes sont-elles déposées dans des comptes bancaires ou bien tout l'argent est-il confié à l'école? Les étudiants gardent-ils cet argent dans leur chambre ou y a-t-il une autre solution si les parents doivent laisser un montant important d'argent à l'étudiant? Y a-t-il un montant maximum que l'étudiant puisse dépenser au comptoir de friandises, et ce montant est-il déduit de son allocation hebdomadaire ou mensuelle en argent de poche, ou est-il rajouté à la facture mensuelle des parents? Si c'est là une question de nature purement administrative, elle peut toutefois avoir des effets sur l'aptitude de la famille à inscrire l'étudiant dans un pensionnat. Il faut garder à l'esprit que l'étudiant exerce un certain contrôle sur certaines dépenses spéciales au pensionnat. La famille devra en discuter avec le premier intéressé, l'élève, si cela la préoccupe.
Combien de temps est accaparé par l'établissement et combien laissé à l'étudiant? Chaque école s'efforce de conserver un équilibre délicat en fonction de la maturité des élèves et du milieu. Dans une communauté fermée qui se consacre à la poursuite d'objectifs scolaires tout autant que personnels, des périodes de temps libre pourront s'ajouter à des périodes d'activités sportives et artistiques. Dans le cas d'un pensionnat de garçons de niveau secondaire, l'emploi du temps des pensionnaires pourra prévoir, après le temps consacré à l'école, des activités sportives sur place trois après-midis par semaine, des activités artistiques et/ou d'artisanat deux après-midis par semaine et une heure ou plus de temps libre avant le souper. Après le souper, les pensionnaires se consacreront, sous supervision, à leurs travaux scolaires de 19 h 30 à 21 heures, l'heure du coucher étant fixée à 22 h 30. Le vendredi soir, il y aura temps-libre, projection de films, télévision ou rencontres avec les étudiants d'une autre école de la région. Le samedi matin, des élèves peuvent assister à un service religieux, puis participer à des activités sportives ou se rendre à la ville la plus proche pour faire des courses ou passer à la banque. Le reste de la journée sera libre. Les étudiants plus âgés qui ont de bons résultats scolaires pourront organiser eux-mêmes leurs horaires d'étude, bien que la participation aux activités sportives sur place soit toujours fortement encouragée.
L'école est-elle affiliée à une école accueillant des élèves de l'autre sexe? Les écoles qui n'accueillent que des élèves d'un seul sexe ont généralement des liens avec une école située à proximité qui accueille des élèves de l'autre sexe. Elles s'efforce d'organiser régulièrement des activités regroupant les étudiants des deux écoles. C'est peut-être la raison pour laquelle un si grand nombre de pensionnaires d'écoles pour garçons ou pour filles participent à des présentations théâtrales annuelles qui offrent les rares occasions de rencontrer des filles ou des garçons. Si l'école est mixte, comment est-elle organisée? Certaines écoles ont toujours accepté des élèves des deux sexes, mais certains pensionnats ne sont devenus mixtes qu'assez récemment ou prévoient le devenir dans un proche avenir. Selon les raisons données, les parents décideront si cela répond au meilleur intérêt de leur enfant. Certains enfants arrivant pour la première fois dans une école alternative s'adapteront plus facilement si l'école ressemble de près à l'école publique qu'ils viennent de quitter. D'autres enfants trouveront la concurrence scolaire plus facile s'il n'y as pas d'élèves de l'autre sexe. Une étude indique que les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires dans un milieu entièrement féminin.
Les motifs invoqués par les écoles pour devenir mixtes sont variés. Certaines veulent élargir le bassin dans lequel elles peuvent choisir leurs candidats. D'autres ont constaté que leurs diplômés éprouvaient, après avoir quitté l'école, des difficultés dans le "vrai monde", car ils étaient peu habitués aux relations quotidiennes avec l'autre sexe.
Pratiquement, tous les pensionnats au Canada hébergent les enfants des deux sexes dans des bâtiment distincts, même si les élèves assistent aux mêmes classes et prennent leurs repas ensemble. Une école qui venait de commencer à accepter des filles pensionnaires dans les grandes classes s'attendait à ce qu'elles réagissent de la même façon que les garçons auxquels elle était habituée depuis longtemps. Les premières années de mixité ont été un période d'apprentissage pour les enseignants et l'administration tout autant que les étudiants. La question à se poser est de savoir si votre enfant a besoin de l'émulation de l'autre sexe ou si elle le gêne, c'est-à-dire qu'il vous faut, par exemple, déterminer si votre fille aura meilleurs résultats dans un contexte exclusivement féminin ou si elle profitera de la concurrence des garçons.
Certaines écoles situées en ville et qui ont un nombre plus important d'externes se contentent de demande à leurs pensionnaires de ne pas sortir avant 10 heures le samedi matin et d'être revenus avant 22 heures. Ces écoles ne sont donc pas responsables de l'étudiant pendant douze heures chaque jour de la fin de semaine. Cette pratique n'est pas mauvaise en soi, mais les parents doivent savoir si c'est la norme afin de décider si leur enfant peut utiliser ce temps intelligemment, ou du moins comme les adultes lui demanderaient de le faire.
D'autres écoles occupent les enfants pendant trois fins de semaine sur quatre, tous les élèves quittant l'école pendant la quatrième fin de semaine à moins qu'une raison précise ne s'y oppose. Si le reste de la famille se trouve à des milliers de kilomètres, c'est là une question importance dont il faut s'occuper avant le départ. Il est également important de connaître la politique de l'école en ce qui concerne les visites aux autres personnes pendant la fin de semaine. L'école demande-t-elle une liste approuvée des parents ou des amis chez qui l'élève peut se rendre pendant les fins de semaine? L'école vérifiera-t-elle auprès de la famille d'autres étudiants si votre enfant dit aller y passer une fin de semaine ou une soirée?
Cela est-il important pour vous? Quel est le degré de maturité de votre jeune homme ou de votre jeune fille et croyez-vous que cela pourrait devenir un objet de préoccupation?
Beaucoup de pensionnats canadiens, ayant été des établissements religieux à leurs débuts, ont conservé ce caractère et continuent à véhiculer des valeurs religieuses. On constate que la majorité des nouvelles écoles sont créées en réaction aux valeurs et à l'éthique actuelles de la société canadienne et ont une base religieuse. Il faut s'assurer que l'école à laquelle on pense inscrire son enfant partage les mêmes valeurs que la famille. Enseigne-t-on une religion précise en classe? Si oui et si votre enfant n'a pas la même religion, peut-il en être dispensé? Les principes religieux prônés par l'école sont-ils de nature oecuménique ou sont-ils propres à une foi donnée? La présence au service religieux est-elle obligatoire? S'agit-il davantage d'une réunion d'élèves que d'un service religieux? Cette question est-elle importante pour vous et pour votre famille? Est-il important d'exposer votre enfant à d'autres croyances religieuses que les vôtres ou vaudrait-il mieux l'inscrire dans une école propageant la même religion que la vôtre?
I1 est important pour l'enfant d'avoir une autre source d'appui que sa famille, qui se trouve maintenant fort éloignée. Le nouveau milieu dans lequel il se trouve, indépendamment du degré de perfection de celui-ci, reste une société fermée. C'est la raison pour laquelle de nombreuses familles choisissent un pensionnat situé à proximité de membres de la famille. La résidence de ces parents est le refuge où l'étudiant ira passer ses fins de semaine libres et c'est à son oncle ou à sa tante qu'il téléphonera quand les choses iront bien, ou pas très bien. Certaines familles délèguent officiellement leurs pouvoirs à ces personnes pour prendre les décisions opportunes en cas de complication, ou les représentent à l'école pour qu'on s'adresse à eux en cas d'urgence. C'est là une autre source de sécurité pour l'étudiant et sa famille. Cette pratique peut également permettre de développer de nouvelles relations avec des membres de la famille que l'enfant n'a connus qu'étant très jeune.
En ce qui concerne les voyages, l'étendue de la responsabilité est très importante! Certaines écoles confient à un membre de leur personnel l'organisation des voyages des élèves. D'autres tiennent pour acquis que la famille de l'élève est responsable de l'achat des billets et de l'organisation des correspondances et ne s'estiment responsables de l'enfant que quand il passe le seuil de l'école. Si les parents et l'école prennent pour hypothèse que l'autre partie s'occupe de ces questions, et qu'en vérité aucun ne le fait, on risque de découvrir le problème quant il sera trop tard pour faire des réservations pour le congé de Noël. I1 faut, dans tous les cas, préciser dès le départ qui s'occupera des voyages et, quand cela est fait, il faut se sentir mutuellement informés des arrangements qui ont été pris.
Certaines écoles prennent les étudiants en charge à l'aéroport local, au terminus d'autobus ou à la gare maritime. Si on s'est mal entendu, votre enfant peut s'attendre à ce qu'on vienne le chercher à l'aéroport alors que personne ne s'est déplacé, ou votre enfant peut se rendre directement à l'école alors qu'un autobus l'attend. Dans les deux cas, les réactions seront mauvaises et il vaut mieux vérifier l'horaire et s'assurer à l'avance des dispositions qui ont été prises. Quant au passeport, craignez-vous que votre enfant le perde s'il est laissé au dortoir? ou ce document important devrait-il être confié au tuteur jusqu'à ce qu'on en ait besoin?
Il est évident que l'école prendra physiquement charge de l'élève, mais il est important de savoir comment les choses se passeront avec l'assurance-maladie, surtout si cette école se trouve dans une autre province que celle dans laquelle l'enfant résidait auparavant. Faut-il prendre une assurance complémentaire? Y a-t-il un régime public ou privé d'assurance qui couvre les soins dentaires? Dans l'affirmative, celui-ci sera-t-il valide alors que votre enfant vit loin de sa famille?
La plupart des écoles joignent à leur brochure de renseignements une liste des membres du corps enseignant et de leurs compétences. I1 est de l'intérêt de l'école d'employer les meilleurs enseignants possibles. Toutefois, par le passé, les écoles indépendantes ont été moins bien servies que plusieurs en le sont maintenant. C'est la raison pour laquelle on a souvent offert le logement aux enseignants au lieu de salaires élevés. Pour certains, un milieu aussi fermé est propice à une atmosphère quasi familiale alors que pour d'autres, il s'agit d'un ghetto. Certaines écoles inscrivent maintenant leurs enseignants à des cours de formation complémentaires. Cette question est importante pour vous puisque de nombreux parents choisissent un pensionnat pour l'excellence de l'enseignement. Essayez de connaître la proportion des diplômés de l'école qui poursuivent une scolarité post-secondaire et dans quels établissements.
L'un des grands avantages des écoles indépendantes est que le nombre d'élèves par enseignant est généralement peu élevé. Il est également important de demander quels sont les nombres minimum et maximum d'enfants par classe car, s'il se trouve que c'est dans une de ces matières que votre enfant a le plus de difficultés, on pourrait peut-être moins bien s'occuper de lui à cause du nombre.
Certaines écoles ont, de façon traditionnelle, affecté à chaque résidence un adulte qui, aidé des préfets et des moniteurs, était le responsable de trente élèves ou plus. D'autres embauchent maintenant des couples pour remplir ces fonctions et réduisent le nombre d'élèves dont chacun doit s'occuper. Les répétiteurs et les tuteurs sont quelquefois des conseillers expérimentés. Croyez-vous que cela soit important pour votre enfant?
Tous les membres de la famille se ressentiront des effets de la séparation d'un des leurs. C'est pourquoi il est essentiel que chacun pense à la famille comme à une cellule et s'attarde en particulier aux modifications que cela entraînera. I1 se peut que cela accélère l'évolution de la famille vers une indépendance relative des enfants et des parents. Il est toutefois préférable qu'on prévoie cette évolution plutôt que de la voir apparaître comme une surprise désagréable. I1 est inévitable que l'étudiant devra prendre par lui-même plus de décisions qu'auparavant. Ces choix pourront être aussi insignifiants que de décider du type de shampooing à acheter, ou aussi importants que de choisir la destination d'une longue fin de semaine loin de l'école, ainsi que les façons de se déplacer et les dépenses à engager. L'étudiant doit être convaincu que sa famille lui viendra en aide dans ses décisions et l'assistera pour faire les choix qu'il aurait du mal à faire sans aide. On peut arriver à ce résultat en sachant qu'il est possible de se téléphoner ou d'échanger des messages de façon régulière. Les liens entre les parents et les enfants doivent se renforcer plutôt que s'affaiblir, malgré des grandes distances, surtout au moment de l'adolescence, époque à laquelle les enfants forgent leurs valeurs et leurs priorités et les mettent à l'épreuve. L'enfant doit être convaincu qu'il a tout autant que jamais sa place dans sa famille, et il doit le sentir, même s'il est séparé des siens par une grande distance. Il faut discuter des moyens de communication en fonction des besoins de chacun et s'organiser pour répondre à ces besoins.
Il est impératif de planifier les changements qui accompagneront l'entrée au pensionnat si on veut que le résultat de cette expérience soit positif. Tout d'abord, les parents et les enfants devront discuter ensemble des choix nécessaires pour déterminer l'école qui convient à l'enfant. La cellule familiale étudiera ensuite les réalités pratiques qui en découlent. Il faudra à ce moment-là envisager toutes les situations possibles pour que toute la famille puisse étudier et planifier l'évolution du cadre familial. On trouvera à la fin de ce texte une liste d'experts-conseils en enseignement pour le cas où la famille aurait besoin d'aide pour déterminer les écoles qui répondent à des besoins particuliers.
Si on veut qu'un enfant ne se sente pas "expédié" à l'école, il est essentiel qu'il continue à y avoir des échanges entre sa famille et lui. Il est important que les enfants soient convaincus que leurs parents se préoccupent de leur bien-être, que l'école soit située près de la maison ou au loin. C'est pourquoi il est important que les parents discutent des besoins de leur enfant avec les adultes de l'école avant de l'y laisser, et qu'ils restent en contact avec ces personnes pendant l'année scolaire. Ces échanges sont tout particulièrement importants si l'étudiant éprouve des difficultés. I1 se peut que l'appui des parents soit la seule affirmation de ses valeurs et que, dans le cas de mesures disciplinaires à son endroit, cela l'aide à accepter ses responsabilités. Il est important, quoi qu'il ait fait, de déterminer en quoi il a transgressé le règlement avant de réagir. Il est possible que, pour la famille, la punition soit hors de proportion avec le comportement. Il vous incombe, en tant que parents, d'affirmer la valeur de l'enfant lui-même, bien que vous n'approuviez pas pleinement ce qu'il a fait.
Certaines familles ont cherché à s'adapter au style de communication de leur enfant en préparant des enveloppes pré-adressées ou en achetant des cassettes. D'autres ont prévu un calendrier d'appels internationaux, plus rapprochés au début du trimestre alors qu'on pouvait s'attendre à ce que l'étudiant ait besoin de contacts plus fréquents, mais en tenant compte aussi d'un besoin de souplesse. Une autre famille s'était entendue avec un tuteur pour que l'enfant puisse utiliser son téléphone privé quand la communication était, comme c'est presque toujours inévitable, de mauvaise qualité avec un pays du Tiers Monde.
Comme il n'est pas toujours facile de faire parvenir des colis à l'étudiant à partir d'un pays étranger, on pourrait penser à trouver une autre solution pour qu'il reçoive des cadeaux assez régulièrement pendant la séparation. Y a-t-il quelqu'un dans la famille qui pourrait expédier des biscuits faits selon une recette qu'il connaît bien? Un magasin livrerait-il une friandise particulière? Ce sont autant de choses qu'il vaut la peine d'envisager, comme d'expédier des petits mots fréquents par courrier.
Une jeune homme signalait qu'il lui avait fallu se séparer de sa famille pour vraiment connaître ses parents. C'est que son père lui écrivait quelques lignes tous les soirs et les postait une fois par semaine. Sa mère décrivait ce qui se passait dans la famille et ses propres réactions. Il conservait sur lui chaque lettre jusqu'à ce que la suivante arrive, et il les gardait toutes. L'étudiant écrivait (rarement) et répondait aux siens par téléphone, mais il tenait un journal dont il fit cadeau à ses parents pour Noël.
L'adaptation des enfants au pensionnat ne se quantifie pas. Les entrevues avec des enseignants et des tuteurs expérimentés dans certains pensionnats canadiens ont révélé, ce qui n'est pas surprenant, que chaque élève a sa propre façon de s'adapter. Il semble que les enfants qui sont convaincus que leur parents s'intéressent à eux et s'occupent de leur bien-être, et ont confiance de pouvoir bien s'adapter à la nouvelle situation, aient plus de chances de réussir. Les écoles ont mis au point un horaire pour aider les nouveaux étudiants au cours de leurs premières semaines au pensionnat. Certaines font entrer les nouveaux étudiants avant les habitués du pensionnat ou quelques jours après, pour les aider à se constituer en groupe distinct. On demande souvent aux étudiants plus âgés ou aux préfets de faciliter ce processus. Des programmes d'orientation permettent de faire part aux nouveaux venus des traditions de l'école presque immédiatement pour qu'ils sentent qu'ils sont partie du groupe.
Il arrive souvent, en particulier dans les écoles qui sont surtout des pensionnats, qu'il n'y ait pas de fins de semaine libres pendant un mois et demi ou plus pour les étudiants s'habituent à leur nouveau milieu et commencent à avoir un sentiment d'appartenance à l'école avant de retourner à leur ancien milieu. De nombreux étudiants sont surpris de découvrir qu'ils se sentent alors si à l'aise à l'école que le "vrai monde" paraît bizarre. Dans tous les cas, le personnel enseignant et de soutien sera attentif à tout signe révélateur de malaise et fera de son mieux pour venir en aide aux étudiants au cours du processus. Ce personnel sait aussi fort bien que le processus en sera pas terminé avant que les étudiants ne reviennent à l'école après les vacances de Noël et ne se séparent donc à nouveau de leur famille pour revenir dans un milieu qui leur est devenu familier et peuplé d'amis plutôt que d'étrangers.
Un administrateur scolaire très expérimenté dit que l'adaptation au pensionnat peut prendre jusqu'à une année scolaire complète. I1 affirme que l'école doit déterminer si l'enfant s'ennuie simplement de la maison ou s'il est en désaccord avec le programme de l'école; en l'occurrence, il faut savoir s'il est possible d'adapter le programme aux besoins de cet enfant.
L'administration de l'école doit alors déterminer si les changements enregistrés sont positifs et si le rythme d'évolution est acceptable pour l'école. Par contre, si l'étudiant cherche à se faire expulser en transgressant le règlement de façon continuelle et répétitive, il faudra le renvoyer.
L'élève qui quitte le foyer familial n'est pas le seul à devoir s'ajuster. La famille devra aussi s'adapter à sa nouvelle composition et aux changements de relations entre ses membres. C'est la première étape conduisant à la séparation de cet enfant d'avec sa famille. Il se peut fort bien que la situation ne soit plus jamais la même. Il se peut aussi que l'enfant qui suit celui qui est parti estime devoir prendre la place de l'absent et que le plus jeune, qui idéalisait peut-être son frère aîné, se retrouve soudain perdu et sans modèle. Tous les autres membres de la famille doivent avoir conscience de ce processus d'adaptation, et doivent offrir leur aide, un peu comme on le fait dans le cas d'une épreuve. Cette période peut être très enrichissante pour les membres de la famille si on connaît le rôle de chacun et si on en discute pour la première fois, ce qui peut se traduire par de nouvelles manifestations d'affectation et de nouvelles communications lors de la séparation, puis lors des retrouvailles.
Quand la famille se retrouve unie après qu'un de ses membres ai vécu éloigné, tous les membres de la famille doivent à nouveau s'adapter aux évolutions intervenues pendant ce temps. Cela s'applique au cas d'un parent qui a été en poste à l'étranger pendant un certain temps ou à celui d'un enfant qui est allé à l'école en pension. Tout le monde devra assumer ses responsabilités pour reformer l'unité. Pour que la famille fonctionne à nouveau comme une cellule, on doit faire preuve de souplesse pour permettre à celui qui a été éloigné d'être à nouveau partie intégrante de la cellule. Si on a fait des projets de vacances pendant que l'élève était au loin de la maison et si on est resté en communication, on aura tenu compte de ses désirs. Il est important que l'enfant sente qu'on s'est ennuyé de lui, mais qu'il peut reprendre son rôle en souplesse maintenant.
Les familles qui réussissent à s'adapter à l'éloignement de l'un des leurs finissent pas se dire que l'un des membres de la famille vit ailleurs, que le reste de la famille vit sa vie en l'absence de cette personne et s'efforce de partager le plus possible pendant les périodes de retrouvailles. Il semble que l'élément principal soit un sens d'appui et d'engagement mutuels alliés au fait que tous ont le sentiment que toute la famille s'enrichira de cette expérience. Les objectifs qui sont partagés, s'ils sont bien compris et discutés par tous, ne s'estompent pas avec la distance.